« Regardez en profondeur dans la nature, et alors vous comprendrez tout beaucoup mieux », écrivait Albert Einstein*.
Des plantes de serre
Cet hiver, j’ai dû tailler des plantes d’intérieur devenues trop grandes, et je n’ai pas pu me résoudre à jeter les tiges coupées. J’ai donc fait des boutures.
Mais en mai, mon bureau était envahi par une quinzaine de plantes qui prenaient beaucoup de place. En les sortant dehors pour les rempoter, elles se sont tout de suite fanées, et leurs tiges retombaient sans qu’il y ait la moindre brise.
Il m’a donc fallu les tailler court, pour qu’elles se refassent des tiges plus fortes et de meilleures racines. Et il n’est pas sûr qu’elles résistent toutes aux conditions extérieures.
Des expériences sur mesure
Or, nous sommes nous aussi, petites plantes humaines, régies par les mêmes lois qui affectent les plantes vertes. Et il s’agit de « regarder en profondeur dans la nature », comme disait Albert Einstein, pour reconnaître ces mêmes lois qui nous affectent tous.
Comme pour les plantes élevées en serre, les connaissances que nous acquérons loin des vents et du soleil ne remplacent jamais l’expérience du terrain. C’est pourquoi nous devons, nous aussi, nous acclimater aux conditions plus difficiles de l’extérieur, lorsque nous sortons de la « serre » de nos études, par exemple.
Car rien ne vaut l’expérience vécue sur le terrain, fût-elle un échec, avec ses vents et ses tempêtes. Et on se souviendra toujours des expériences vécues, taillées sur mesure pour nous.
Toute notre vie sur terre est une école, et nous quittons cette terre chargés seulement de nos expériences vécues, dont on se doute bien qu’elles sont de nature spirituelle… puisque rien de matériel ne pourra trouver place dans nos bagages, le jour de notre départ.
Normand Charest pour les Publications du Graal
________________
* Cité par Stefano Mancuso dans La révolution des plantes, Albin Michel, 2019, p. 152.