Une très petite femme travaille à la caisse d’une boulangerie où je vais. Elle doit ajouter une plate-forme derrière le comptoir pour être à la hauteur du client. On admire beaucoup sa confiance en soi et le fait qu’elle ait trouvé sa place dans ce monde de trop grands pour elle.
C’est une leçon pour nous aussi, de nous adapter et de trouver notre manière personnelle, afin de nous insérer dans l’ensemble et d’y être heureux par notre activité. En ce sens, toutefois, il n’y a pas de grandes ou de petites tâches, seulement des actions qui sont justes ou qui ne le sont pas. Et leurs formes sont multiples.
Nous n’avons pas ce que l’autre a… et l’autre n’a pas ce que nous avons. C’est aussi ce que pourraient se dire le merle, le moineau et l’épervier, s’ils se comparaient. N’importe quel coin de nature nous montre ce que c’est que la vraie vie : un monde riche de variété et de différences, et riche de ces différences.
En pensant à la nature, on ne retient généralement que la « lutte des espèces pour la survie » de Darwin, en oubliant souvent de considérer la « collaboration des espèces » tout aussi importante et également reconnue par la science, comme le laisse voir, d’ailleurs, la définition du terme « Écologie » :
« Étude des milieux naturels, en relation avec les êtres vivants qui y habitent, et étude des relations qu’établissent ces êtres avec les autres organismes vivants qui partagent le même milieu. »
Ces « relations » impliquent en partie une lutte saine, mais aussi, et peut-être avant tout, une remarquable collaboration.
Normand Charest pour les Publications du Graal
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