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Chronique

Dans ses Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar donne la parole à l’empereur romain vieillissant et malade. Hadrien protège la liberté de croyance des chrétiens comme il respecte celle de tous les citoyens, sans pourtant être gagné lui-même par cette foi.

Il goûte le « charme attendrissant de ces gens simples » que sont les chrétiens et semble comprendre ce besoin d’entraide comme étant celui « des esclaves et des pauvres ». Mais il craint que cette valorisation de la douceur se fasse « aux dépens de qualités plus viriles et lucides ».

Il apprécie peu « l’injonction qui consiste à aimer autrui comme soi-même ; elle est trop contraire à la nature humaine pour être sincèrement obéie par le vulgaire, qui n’aimera jamais que soi, et ne convient nullement au sage, qui ne s’aime pas particulièrement soi-même ».

Or, l’image un peu doucereuse de Jésus qu’ont fini par développer les chrétiens ne venait pas de lui. Et on se dit que si l’empereur avait rencontré lui-même Jésus, décédé un siècle plus tôt, il lui aurait certainement fait une impression toute différente. En ressentant la force de son amour, il aurait pu ressentir que l’amour vrai dont parlait Jésus n’avait rien de faible, bien au contraire.

Normand Charest pour les Publications du Graal  

messagedugraal.org   

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Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien (1958), Gallimard, coll. Folio no 921, 1977 ; il est question ici du chapitre « Disciplina augusta », p. 239-240 dans cette édition. 

Règne de l’empereur Hadrien : de l’an 117 à l’an 138 de notre ère. 

 

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