Ce titre provient d’un écrit du peintre français Georges Rouault (1871-1958) cité dans le catalogue de l’exposition Rouault, publié par le Musée d’art contemporain de Montréal et le Musée du Québec en 1965 :
« L’art en ce siècle mécanique, ne serait-il pas parfois le miracle ? – Un savant a pu dire : “Il n’y a plus de mystère.” On peut être très savant et très sot en même temps. Tout est impondérable dans les régions spirituelles où s’aventure l’artiste, mais il y règne un ordre plus vrai que celui du contrôleur des poids et mesures.
(…) On peut repousser du pied le diamant dans sa gangue, en le prenant pour une pierre. L’art est source cachée, oasis dans le désert. Nous croyons arriver à tout savoir, en ces temps fastes, tout en ignorant l’essentiel qui est amour de tout ce qui vit sous le ciel et de toute beauté visible ou cachée. Certains anciens, bien que simplistes, ne l’ignoraient point.
L’ordre, c’est du dedans qu’il rayonne et non du dehors. »
Ces paroles, écrites au siècle précédent, demeurent valables aujourd’hui, et peut-être plus que jamais, puisque nous sommes encore plus enserrés par des réseaux non plus seulement mécaniques mais numériques.
Tous ces outils peuvent être utiles – à nous d’en juger – aussi longtemps qu’ils ne dominent pas notre propre volonté et qu’ils ne nous empêchent d’écouter en nous, là d’où viennent les réponses les plus utiles.
Dans ce texte, Rouault parle du rôle de l’art, mais surtout des « régions spirituelles où s’aventure l’artiste » et par conséquent, du rôle du spirituel dans nos vies. Tout vient du « dedans » et l’art, considéré à la manière de Rouault, est le résultat d’un travail intérieur ; comme toute notre vie devrait l’être.
Normand Charest pour les Publications du Graal
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* Rouault, catalogue de l’exposition, Musée d’art contemporain de Montréal et Musée du Québec, 1965. Les textes de Rouault repris dans le catalogue sont extraits de : Noli me tangere (pour Cézanne), 1910 ; Soliloques, 1944 ; Stella vespertina, 1947 ; Correspondance, 1960.