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Chronique

Dans L’été, Camus nous parle avec bonheur de la beauté du monde. Ce qui peut apparemment contredire, il en convient, sa conception de « l’absurdité » de l’existence :

« Où est l’absurdité du monde ? … Avec tant de soleil dans la mémoire, comment ai-je pu parier sur le non-sens ? On s’en étonne, autour de moi ; je m’en étonne aussi, parfois. »

Et puis : « Nul homme ne peut dire ce qu’il est. Mais il arrive qu’il puisse dire ce qu’il n’est pas. Celui qui cherche encore, on veut qu’il ait conclu. Mille voix lui annoncent déjà ce qu’il a trouvé et pourtant, il le sait, ce n’est pas cela. Chercher et laisser dire ? Bien sûr. Mais il faut, de loin en loin, se défendre. Je ne sais pas ce que je cherche, je le nomme avec prudence, je me dédis, je me répète, j’avance et je recule. » *

Ce témoignage de Camus nous rappelle la nécessité de chercher sérieusement par soi-même pour parvenir à une conviction. Ce qu’une foi aveugle ne peut nous donner, ni le fait de suivre les courants de pensée du jour, illusoirement sécurisants.

Cette recherche, c’est d’ailleurs de l’intérieur qu’elle nous presse. Il s’agit donc d’écouter cet élan qui nous vient de l’intérieur et qui veut nous éveiller. Une fois prit le chemin de la recherche, il s’agit de persévérer avec énergie, de nous établir des priorités et d’agir en accord avec ces priorités.

Normand Charest pour les Publications du Graal   

messagedugraal.org   

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* Albert Camus, Noces suivi de L’été (dans L’été, le texte « L’énigme » de 1950), Gallimard, 1959, coll. Folio n° 16.    

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