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Chronique

Né en 1928, Gilles Vigneault vient de publier un nouveau recueil de poèmes, Le chemin montant, à la veille de ses 90 ans.  

En ouvrant ce recueil, on retrouve un pays de foin d’odeur, de berris et de chicoutés, d’arbres qui parlent entre eux, avec la mer pas loin et le bois d’épave sur la grève. D’un côté, la vue est large sur le golfe, de l’autre, le chemin monte entre les arbres. C’est le pays des Innus, auxquels Natashquan doit son nom.    

On connaît l’homme au verbe facile et riche, mais ici les mots sont tout beaux de simplicité, tout frais d’émerveillement. Avec le temps, celui qui écrivait pour les enfants et celui qui parlait aux adultes ont mêlé leurs voix.  

Il n’y a plus de différence entre les deux. L’auteur a depuis longtemps retrouvé le garçon qui marche à ses côtés, et les deux confondus n’ont plus d’âge. Car sur le « chemin montant », l’âge ne compte plus et la vie continue.

De plus en plus, Vigneault parle de la mort et il ne s’en cache pas : son « chemin montant » est bien celui qui nous fera passer de ce monde au suivant. On s’apercevra alors qu’il s’agit toujours du même monde qui continue – mais un monde beaucoup plus grand qu’on ne l’avait cru !

« Ce chemin ne m’est pas tout à fait inconnu », écrit l’auteur, « Et j’en connais le bout mais jamais la distance / Qu’il me reste à courir… Au loin on voit que dansent / Les ombres d’amis qui n’en sont point revenus ! » (7)

Et puis : « La poésie me semble / Essentielle à l’âme / Comme l’eau l’est au corps / Je dirais même d’elle : / C’est l’eau de l’au-delà » (28)

Sur ce chemin montant souffle l’air du large.

Normand Charest pour les Publications du Graal 

messagedugraal.org   

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Gilles Vigneault, Le chemin montant, poèmes, éditions du Boréal, 2018. – Dans les citations, le nombre entre (parenthèses) indique la page.  

Berris et chicoutés : Des petits fruits abondants autour du golfe du Saint-Laurent. Les premiers proviennent de l’airelle vigne-d’Ida, les deuxièmes de la ronce petit-mûrier appelée « shikuteu » par les Innus.

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