« Arrête-toi, comme le cheval qui pressent l’abîme », écrivait le poète russe Maïakovski (1893-1930)*.
Grande beauté dans cette phrase qui touche l’âme, belle et touchante parce que vraie. L’animal est averti du danger et il peut nous aider, à cause de cela, à voir plus loin qu’avec notre intellect humain.
Mais ici le danger n’est pas physique, il est spirituel. Comme si une voix nous disait : Arrête-toi, esprit dans la matière. Ressaisis-toi. L’abîme est tout près. Tu cours à ta perte, les yeux fermés, dans le vacarme qui couvre les avertissements.
Ici la poésie joue son rôle le plus utile.
Normand Charest pour les Publications du Graal
________________
* Phrase citée par Luis Sepúlveda dans Deux idées de bonheur, 2016, éd. Métailié, p. 49.