Toute forme de réflexion ou de philosophie commence par un étonnement devant la grandeur qui réside devant les plus petites choses de la vie, et donc devant la vie elle-même.
Sérieusement, en regardant une fleur de près ou même une coquille d’escargot dans le jardin, on peut y voir un art d’une perfection telle qu’aucune culture humaine n’a pu l’égaler.
Et tout cela vit et bouge, évolue et se multiplie sans jamais devenir « obsolète », alors que tous les fruits de l’industrie humaine sont si éphémères, et si volontairement éphémères pour des raisons commerciales.
Comment pouvons-nous nous mettre au-dessus de la nature, alors qu’elle nous est évidemment supérieure, dans l’état actuel des choses ?
Comment pouvons-nous balayer de la main le mystère de son origine, de sa grandeur, autant dans l’infiniment grand que dans l’infiniment petit, et prétendre qu’elle est le fruit du hasard, prétendre qu’elle a jailli de nulle part, en contradiction directe avec la pensée scientifique selon laquelle « rien ne se perd et rien ne se crée » ?
Et donc, que tout doit venir de quelque part, qu’il doit y avoir une source à ce monde, une source à la hauteur de cette création.
L’étonnement devant les plus petites choses de la vie nous ouvre des portes sur une grandeur et une beauté des plus surprenantes. Une beauté qui a toujours inspiré nos arts et nos inventions, et qui continue de le faire, encore aujourd’hui.
Pourquoi alors fermer ces portes qui s’ouvrent sur la compréhension de l’origine de la vie, de sa grandeur et de sa beauté ? C’est une folie humaine dure à comprendre, qui refuse un tel trésor.
Normand Charest pour les Publications du Graal