Albert Camus notait ces mots en 1958 dans son carnet :
« Le mensonge endort ou rêve, comme l’illusion. La vérité est la seule puissance, allègre, inépuisable. Si nous étions capables de ne vivre que de, et pour la vérité : énergie jeune et immortelle en nous. L’homme de vérité ne vieillit pas. Encore un effort et il ne mourra pas. » (Carnets III, Folio, p. 277.)
La vérité, voilà ce que nous recherchons tous dans notre quête de sens. Si le mensonge est l’illusion, la vérité est la véritable réalité. Le vrai est seul réel. Mais en disant réel, je ne parle pas de la surface des choses mais aux fondements mêmes du réel.
Dans la chronique précédente, il était question de notre esprit « emmuré ». Si nous pouvions ne vivre que pour la vérité, les édifices des faussetés qui nous emmurent s’effondreraient, pour révéler la simple et saine beauté du monde dans toute sa grandeur.
Une fois ces murs tombés, nous revoilà « immortels », pas dans notre corps, mais parce que notre esprit, notre conscience immortelle s’élèvent au-dessus de l’éphémère, et cela au cœur même des choses les plus simples.
Normand Charest pour les Publications du Graal