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Chronique

« Tout tableau chinois, relevant d’une peinture non naturaliste mais spiritualiste, est à contempler comme un paysage de l’âme », écrit François Cheng dans Cinq méditations sur la beauté (Albin Michel, 2006).

« C’est de sujet à sujet, et sous l’angle de la confidence intime, que l’homme y noue ses liens avec la nature. […] Évoquant le mont Jingting, le poète Li Po affirme : “Nous nous regardons sans nous lasser”. »

S’il y a dans ce cas un dialogue avec la nature, c’est que la nature n’est pas une forme inerte dans laquelle l’homme serait la seule entité consciente.

Pour qu’il y ait dialogue, des consciences doivent être présentes de part et d’autre. Les Amérindiens voyaient déjà des frères dans les animaux, et considéraient même les pierres comme vivantes. Pour eux, le sacré était présent partout, puisque l’Esprit, la Volonté du Créateur, pénétrait tout.

Nous croyons que des consciences régissent ce qu’on appelle la Nature. Certains pourraient les nommer « serviteurs de Dieu », et ce sont eux qui font que l’ensemble merveilleux des mondes se tient, et se tient même à merveille, en suivant les lois qui maintiennent la Création.

La preuve par la nature

Jusqu’à ce jour, c’est une évidence de dire que l’humanité n’a pas su faire aussi bien que ces « serviteurs » invisibles de la Nature.

Alors, pourquoi notre monde humain se porte-t-il si mal, pourquoi la persistance des injustices, malgré l’évolution technologique et numérique ? Pourquoi ce constant bilan négatif des œuvres humaines, alors que la nature se porte si bien sans notre intervention ?

Ce pourrait être là la « preuve par la nature » que l’approche humaine limitée au matériel n’est pas la bonne, et qu’il n’est pas possible d’avoir une vision complète de la réalité sans tenir compte de l’invisible qui en fait partie. 

Et le hasard ?

Quelle que soit notre conception du monde, chacun doit s’étonner devant la merveille de l’Univers, devant sa grandeur qui dépasse notre compréhension, devant sa beauté et l’ordre qui y règne mystérieusement, malgré sa complexité extrême.

Attribuer cette quasi-perfection au hasard ne constitue pas une réponse convaincante. En effet, pourquoi le hasard ferait-il si bien les choses pour l’ensemble de la nature… alors que nous les humains, avec notre intelligence intellectuelle, ne réussissons que des œuvres imparfaites, comme on peut le remarquer en observant l’état du monde actuel ? 

Normand Charest pour les Publications du Graal 

messagedugraal.org 

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