Faire le bien d’abord, et ne pas chercher seulement son bonheur personnel.
C’est à cette conclusion qu’arrive le personnage de la nouvelle « Les groseilliers » de Tchékhov. En voici un extrait :
« Mon ami…, ne vous tenez pas pour satisfait, ne vous laisser pas endormir ! Tant que vous êtes jeune, fort, alerte, ne vous lassez pas de faire le bien ! Le bonheur n’existe pas et ne doit pas être, et si la vie a un sens et un but, ils ne sont nullement dans notre bonheur, mais dans quelque chose de plus sensé et de plus grand. Faites le bien ! »
Sans dire, comme ce personnage, que « le bonheur n’existe pas », on doit quand même constater qu’il est le résultat d’une action juste. Le bonheur résulte du bien que l’on fait aux autres, mais dont on récolte aussi les bienfaits, qui nous reviennent comme un écho. Aider, faire le bonheur des autres nous apporte le bonheur.
Ce passage d’une nouvelle de Tchékhov illustre bien cette petite vérité, que le bonheur est un résultat plutôt qu’un but à atteindre, le résultat d’une action juste et bonne. Le bonheur de donner, et de ne pas seulement recevoir.
Et puis ceux qui aident deviennent des exemples en inspirant les autres à faire de même.
Une inspiration pour les autres
Faire le bien, c’est aussi ce qui ressort du gala pour les jeunes « Mammouth », présenté à Télé-Québec le 15 décembre 2017, dont le thème était justement « L’inspiration ». Les jeunes ont ainsi retenu des personnes de tous âges dont les actions les ont inspirés au cours de l’année, parce qu’elles cherchaient à aider, d’une manière ou d’une autre.
Parmi les inspirations retenues, le travail d’un père tentant de comprendre le suicide chez les jeunes, parce que son propre fils s’est suicidé, et qui consacre maintenant ses efforts à aider les jeunes confrontés à ce problème. Puis un autre, pour son film et son action contre le harcèlement et l’intimidation dans les écoles, une action qui s’est rendue jusqu’aux Nations unies.
À la fin, le grand prix a été accordé à un « clown humanitaire » travaillant partout dans le monde, dans des camps de réfugiés, avec les enfants des rues en Haïti et ainsi de suite.
Tous disaient aux jeunes, en substance : « Vous êtes l’avenir. C’est vous, chacun de vous, qui devez être le changement ! » Et dans le cas du clown humanitaire : « Soyez gentils ! avec tout le monde, partout et tout le temps. »
Voilà la flamme qui doit être nourrie dès la jeunesse, dès l’adolescence. Mais qui doit être entretenue ensuite tout au long de la vie, de peur qu’elle ne s’éteigne et que l’on s’endorme.
« Mon ami…, ne vous tenez pas pour satisfait, ne vous laisser pas endormir ! … Ne vous lassez pas de faire le bien ! » (Tchékhov)
Normand Charest pour les Publications du Graal