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Chronique

Daniel Tammet dans son roman Michenka (éd. Les Arènes, 2016) nous offre une belle réflexion sur l’intuition. Qu’est-ce que l’intuition ? Ce n’est pas la raison, ce n’est pas la réflexion — même si cela peut venir au cours d’une réflexion. Et cela agit de manière imprévisible : l’idée ou la réponse viennent comme un éclair.

Le personnage du joueur d’échecs du roman, en touchant une pièce du jeu, ressent « comme une décharge électrique » lui signalant que c’est la bonne pièce à bouger. « J’avais une intuition liée à cette zone de l’échiquier », explique-t-il.

Les inventeurs, les hommes de science, les chercheurs de toutes sortes, incluant les artistes, connaissent ces intuitions que l’expression « éclairs de génie » rend assez bien. Einstein disait que les idées marquantes viennent ainsi, par éclairs intuitifs, et que cela prend ensuite des années de travail méticuleux pour vérifier et prouver la validité d’une théorie dont on a eu l’intuition, ou pour réaliser une invention qui nous est apparue en images.

En quoi consiste cette faculté particulière, appelée intuition, qui peut apporter en un éclair une réponse, une solution que l’on ressent tout de suite comme étant juste ?

On ne peut puiser de telles valeurs à partir de rien, à partir du néant. Il faut bien qu’elles existent déjà quelque part !

Peut-être puise-t-on dans une sorte de réservoir collectif de pensées de même genre. Mais où se trouvent ces pensées, si elles ne viennent pas directement de nous, de notre cerveau ? Quel est ce réseau de pensées mystérieux et pourtant naturel, puisqu’on en voit les effets depuis toujours ?

À cela, on peut offrir une réponse spirituelle qui tient compte d’une réalité beaucoup plus large que ce qui nous est visible sur Terre.

Un éclair entre le ciel et la terre

Supposons que nous ne soyons pas ce corps, que ce corps ne soit qu’un vêtement qui nous permette de vivre dans la matière, et que notre vrai « moi » soit en réalité de nature spirituelle.

Ainsi, notre conscience spirituelle ne serait pas le fruit du travail du cerveau, mais au contraire le précéderait et ce cerveau ne serait que son aide, que son outil pour vivre sur la Terre.

Dans ce cas, l’intuition assure la liaison entre la conscience spirituelle et l’intellect du cerveau terrestre. Une conscience spirituelle beaucoup plus rapide que le cerveau terrestre, et qui peut lui envoyer parfois des réponses surprenantes… à la vitesse de l’éclair.

C’est ainsi que des inventeurs apportent des nouveautés en s’inspirant des lois qu’ils ont perçues sur des plans plus légers, et que les beautés et les harmonies d’en haut peuvent inspirer les artistes, les musiciens — et en réalité chacun d’entre nous.

Normand Charest pour les Publications du Graal

messagedugraal.org 

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