Région

Sélectionnez une ville/municipalité

Thématique

Sélectionnez un sujet

Connexion
Membre

Chronique

« Ils sont tous deux encore assez jeunes pour croire à l’existence d’une simple vérité. »

Cette phrase, tirée d’un roman de John le Carré, La constance du jardinier (A Constant Gardener) — dont on a aussi fait un film —, laisse entendre qu’il faut être naïf pour croire en une simple vérité. Une naïveté de la jeunesse que le temps guérira bien vite, pourraient dire certains.

Par là, on laisse aussi entendre que la vérité serait une illusion, tout comme la recherche de la justice. Mais le simple fait qu’on en rêve, qu’on en ait la nostalgie et qu’on en ait besoin pourrait prouver qu’elle existe et qu’on fait partie de ceux qui la cherchent encore.

Le roman de John le Carré est aussi un hommage aux idéalistes, à ceux qui n’ont pas encore abdiqué et qui préfèrent mourir pour leurs idéaux, plutôt que de vivre dans l’inconscience ou dans la honte de ne pas avoir fait tout ce qu’ils pouvaient pour la justice.

« La vérité est en marche… »

Si Cesare Beccaria (notre chronique du 1er juin 2017) parlait beaucoup de vérité et de justice, le romancier Émile Zola en fera au moins autant dans ses textes sur l’affaire Dreyfus, à la fin du 19e siècle en France, dans laquelle un officier totalement innocent sera condamné par l’armée et la justice, simplement par antisémitisme et pour couvrir les fautes de l’état-major. 

Zola consacrera les dernières années de sa vie à combattre cette injustice, à la fois militaire et politique. Il souffrira l’exil et sera un grand exemple de conviction dans son engagement absolu pour cette cause.

La phrase bien connue : « La vérité est en marche, et rien ne l’arrêtera ! » est tirée d’une de ses lettres publiées dans les journaux. Sa célèbre lettre au Président de la République, publiée sous le titre « J’accuse… ! », mérite qu’on en cite quelques extraits :

« Cette vérité, cette justice, que nous avons si passionnément voulues, quelle détresse à les voir ainsi souffletées, plus méconnues et plus obscurcies ! […] Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. »

Cesare Beccaria écrivait en 1764 : « Ils ne sont pas encore venus, les temps heureux où c’est la vérité, et non plus l’erreur, qui sera le partage du plus grand nombre… »

Encore maintenant, en ces temps de manipulation sans scrupule de l’information, pour ne pas dire de mensonge, nous avons le choix : soit de baisser les bras, d’accepter la tromperie avec défaitisme, soit de continuer à chercher et à défendre ce qui est vrai, malgré tout.

Normand Charest pour les Publications du Graal

messagedugraal.org

À Propos de l'auteur

Partagez sur votre réseau

Vous souhaitez vous afficher?

Devenez membre et publiez sur MaCommunaute.ca

Devenir membre