« Il semble que la voix calme et réfléchie de la raison est trop faible en face des mégaphones qu’emploie la propagande organisée pour hurler ses mots d’ordre, et du reste il est de l’essence même de la raison de produire rarement des effets immédiats. »
C’est l’auteur autrichien Stefan Zweig qui écrivait ces mots en 1938. En fait de propagande, il pensait alors au nazisme qui l’avait poussé à l’exil dès 1934.
Après la Seconde Guerre mondiale et la défaite du nazisme, on aurait pu croire à des jours meilleurs. Du moins, chacun l’espérait. Mais depuis, les guerres ont continué… et bien sûr aussi la propagande. La propagande qui fait toujours de l’autre l’ennemi. Après le fascisme et le nazisme, ce fut la chasse aux « communistes » aux États-Unis, une chasse dans laquelle la raison ne dominait pas plus que dans la Vienne de Stefan Zweig, envahie par les nazis.
La raison est encore souvent absente de la politique actuelle… et, malheureusement, la propagande, toujours aussi florissante. Le retour aux extrêmes droites qui promettent des solutions faciles, contre toute logique et contre tout humanisme, en fait preuve. Plus que jamais, il s’agit pour le citoyen de ne pas se faire prendre dans ces mirages, mais encore une fois, beaucoup s’y font prendre.
Or, la solution est spirituelle, c’est-à-dire qu’elle demande d’avoir un esprit éveillé. Elle demande aux citoyens qu’ils fassent des choix basés sur des valeurs morales profondes et qu’ils soient prêts à s’engager dans leur vie personnelle pour la réalisation de ces valeurs. La sagesse devrait diriger les nations, mais nous sommes encore bien loin du compte.
En attendant, il nous reste un seul choix : celui de vivre nous-mêmes cette sagesse, de la semer autour de nous par notre manière d’être, en souhaitant qu’elle finisse par se ressemer sur le plus large territoire possible.
Normand Charest pour les Publications du Graal
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Citation de Stefan Zweig : Derniers messages, Paris, éd. Bartillat, 2013 (première édition : 1949).