L’écrivain Albert Camus écrit dans ses Carnets : « Si je devais mourir ignoré du monde, dans le fond d’une prison froide, la mer, au dernier moment, emplirait ma cellule, viendrait me soulever au-dessus de moi-même et m’aider à mourir sans haine. »
En pénétrant dans l’image que nous offre cette phrase, on peut voir l’expression d’une expérience intérieure qui ne peut être que spirituelle, en ce sens que cette mer qui soulève l’esprit et l’aide à mourir est une aide spirituelle – sous la forme d’une onde d’énergie venant le déprendre de ses pensées trop lourdes. Elle vient vers lui et le soulève et l’emporte vers le rivage d’un nouveau monde, laissant toutes les scories des pensées lourdes sombrer au fond des eaux.
Chez tous ceux qui cherchent activement le sens de la vie, l’esprit intérieur agit, qu’ils en soient conscients ou non. La spiritualité authentique agit à partir de l’intérieur, rejetant dans ses recherches les dogmes et les classements réducteurs – et en se moquant des apparences de spiritualité.
« Me soulever au-dessus de moi-même », dans ce passage, suggère que l’esprit véritable – le vrai « je », le vrai moi – est au-dessus de la conscience intellectuelle plus limitée qui est la nôtre sur Terre.
Normand Charest pour les Publications du Graal