« Pour chercher la vérité, il faut être seul et rompre avec tous ceux qui ne l’aiment pas assez », dit le personnage de l’oncle Kolia dans le roman Docteur Jivago de Boris Pasternak.
Faut-il vraiment être seul pour entreprendre cette recherche ? En définitive, on est toujours seul à faire des choix et à en porter la responsabilité. C’est déjà ainsi qu’il est possible de comprendre cette remarque, peu importe que l’on vive en ermite au fond des bois ou entouré d’une famille et de collègues.
Il s’agit seulement de se retirer en soi pour trouver des valeurs profondes, tout en prenant une distance des courants de pensée à la mode, des courants dominants qui ont tendance à tout emporter sur leur passage, si on n’y prend garde. Or, l’histoire nous apprend que ces courants dominants peuvent devenir, dans certains cas, dévastateurs.
Se retirer en soi, parfois seulement quelques heures par jour, ne signifie donc pas de fuir la société et les relations humaines dont nous avons tous besoin.
Cependant, ce travail intérieur implique de tout remettre en question, non dans le but de détruire l’état actuel des choses, mais dans le sens de jeter un regard nouveau et objectif sur tout, afin de choisir la voie qui nous semble la plus juste. Ce qui demande de ne plus suivre aveuglément les habitudes de nos sociétés.
Celui qui cherche la vérité doit s’attendre à sortir des sentiers battus, et peut-être même d’aller à contre-courant.
Normand Charest pour les Publications du Graal