Dans son livre Là où croît le péril… croît aussi ce qui sauve (2013), Hubert Reeves raconte la « belle histoire » de l’évolution de l’Univers. Comment il aura fallu des milliards d’années et de générations d’étoiles, avant qu’apparaissent les molécules et les premiers solides. Il utilise aussi l’expression « terreau galactique » qui fait image.
Et c’est vrai que la vie végétale a suivi le même processus sur Terre. Au départ, il n’y avait que le roc. Puis les premières végétations s’y développent (lichens, mousses), comme elles le font encore de nos jours sur les pierres et les troncs d’arbres.
L’accumulation de matériaux végétaux et animaux forme alors un terreau de plus en plus profond. C’est de cette manière que s’est formé, au fil du temps, le sol des prairies et des forêts.
Les mêmes lois valent pour tous
Ainsi procède la nature dans son évolution : par une lente accumulation et par la maturation. L’observation de ces processus peut nous aider à mieux nous connaître, car notre évolution personnelle, notre maturation intérieure obéissent aux mêmes lois que les plantes, les étoiles et les atomes.
En nous, ce sont les couches d’expériences vécues qui forment un riche terreau. Et ce sol rend au centuple ce que nous y avons semé. Cette fertilité est une bénédiction en soi. À condition d’y semer de bonnes choses. Car tout y pousse selon son genre, qu’on l’ait semé ou simplement toléré, par négligence ou facilité.
Ce jardin intérieur et ces récoltes, que personne ne peut nous enlever, sont ainsi à l’image de ce que nous en avons fait.
Normand Charest pour les Publications du Graal