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Chronique

Dans l’introduction à son plus récent livre Lettres à mes petits-enfants (Boréal, 2015), l’écologiste bien connu David Suzuki écrit :

« Il m’a fallu un certain temps pour apprivoiser la notion, mais depuis plusieurs années je me présente comme un aîné. Dans les sociétés des Premières Nations, les aînés jouent un rôle essentiel en tant que gardiens de l’histoire, des traditions, des savoir-faire et de la sagesse, et on les traite avec beaucoup d’amour et de respect. Pendant longtemps, persuadé que j’étais toujours jeune, j’ai tenté de nier que j’en étais devenu un. Mais je comprends maintenant que c’est la période la plus importante de ma vie et, à cette pensée, je suis assailli par un immense sentiment de responsabilité. Maintenant que je ne suis plus sous la coupe d’employeur ou d’autres qui auraient sur moi une forme quelconque de pouvoir, je me dois de parler vrai. »

Vu sous cet angle, cet âge devient « la période la plus importante de nos vies ». Un âge de transmission, d’amour donné et reçu entre aînés et petits-enfants, un âge de bilan et de gratitude pour la vie que nous avons vécu. Un âge où l’on se doit de penser à la mort et au passage vers une autre étape de notre cheminement.

« Ces réflexions n’ont rien de morbide », ajoute-t-il, « un aîné qui ne pense pas à la mort élude des questions essentielles. »

« Le défi consiste non pas à allonger la durée de vie de notre espèce ou à “conquérir” la mort, mais plutôt à donner à tout un chacun la possibilité de vivre une vie active et pleine de sens. »

« Quant à vous, les aînés, s’il vous plaît, soyez prêts à relever le défi. C’est la période la plus importante de nos vies. »

Si nous vivions ainsi notre âge d’aîné, en cherchant à être actifs et utiles à notre entourage par la transmission de valeurs et d’expérience, nous ne serions plus des laissés pour compte, mais des citoyens essentiels à la bonne marche de la société.

Dans un tel monde où chacun donnerait le meilleur de lui-même selon ses possibilités, il n’y aurait plus de place pour l’ennui et la solitude.

Normand Charest pour les Publications du Graal

www.messagedugraal.org

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