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Chronique

La Bible a été écrite par des hommes qui racontent ce qu’ils ont vécu ou entendu… à propos d’événements spirituels qu’ils ont mal compris. Les ayant mal compris, ils les déforment sûrement en les racontant.

C’est ce qui fut fait avec les paroles de Jésus. Ce qu’il nous reste dans les évangiles est une collection d’opinions personnelles, provenant de tous ceux qui ont raconté ces histoires, de ceux qui les ont mis sur papier et des générations de traducteurs qui les ont sans cesse remaniées.

Malgré tous ces remaniements, un reflet de la vérité des paroles de Jésus demeure, suffisamment pour rayonner encore aujourd’hui, deux mille ans plus tard.

Des mots de tous les jours

Jésus s’adressait en premier lieu aux gens simples, aux pêcheurs, aux bergers, aux travailleurs agricoles. Il leur parlait en prenant des exemples concrets, puisés dans leur vie quotidienne.

Il leur parlait de brebis perdue, de pain et de poissons à pêcher ; il parlait de vigne, des semences et des récoltes, de blé et d’orge.

On comprend qu’il devait utiliser un vocabulaire simple pour s’adresser à eux, qu’il utilisait des mots de tous les jours. Cette simplicité s’est perdue dans les traductions au cours des siècles. Et la langue biblique a adopté un vocabulaire soutenu qui éloigne ses paroles du naturel de leur origine.

C’est pourquoi une simplification s’imposait – c’est-à-dire une remise à jour – et celle proposée par des versions plus récentes en français courant semble toucher juste, bien souvent.

On élimine ainsi la plupart des mots calqués sur la traduction latine, pour les remplacer par des équivalents plus directs. Comme « évangile » qui devient bonne nouvelle, « épître » qui devient lettre et « parabole » qu’on remplace par comparaison : « Je leur parlerai avec des comparaisons. J’annoncerai des choses cachées depuis la création du monde » (Matthieu 13,35).

De cette manière, on s’éloigne de la tradition religieuse pour laisser place au naturel initial. Ainsi dépouillé de son vocabulaire religieux traditionnel, l’exemple suivant devient étrangement contemporain : « Ils ne voulaient pas changer leur vie, alors je n’ai pas pu les guérir » (Matthieu 13,15).

« Ils ne voulaient pas changer leur vie… » L’époque actuelle nous montre à quel point tout doit être changé : notre mode de vie dommageable à l’environnement ; les bases mêmes de l’économie mondiale qui favorise l’injustice et les dommages causés à l’environnement ; les guerres incessantes qui semblent sans solution…

Or, le changement doit se faire d’abord en chacun de nous. C’est l’addition de ces vouloirs individuels qui finira par changer la volonté collective.

À la base, nous croyons qu’il nous faut revenir à des valeurs profondes, peu importe qu’on les qualifie d’éthiques ou de spirituelles. Pour continuer avec l’exemple de la Bible, mais sans se relier ou se limiter à une religion en particulier, citons cet extrait de l’Apocalypse (2,5) : « Souviens-toi : tu avais bien commencé et puis tu es tombé. Change ta vie et agis comme tu agissais au début… »

Normand Charest pour les Publications du Graal

www.messagedugraal.org    

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