« Bien entendu, rien de tout cela n’avait été écrit, mais confié à la mémoire, ce qui expliquerait peut-être sa longue fortune. » (*)
Cette citation nous donne à réfléchir : que ce qui était confié à la mémoire puisse durer plus que les écrits… Paradoxal mais plausible : que l’excès d’écrits rende notre mémoire plus faible, comme un muscle atrophié par manque d’exercice.
L’écrit n’est pas faux, mais peut-être devenu trop dominant et par là, dévalorisé. On peut le croire, en ce temps où les moyens de communication de plus en plus omniprésents mènent pourtant à un manque d’information.
À une époque d’information en continu, la parole a été dévitalisée, elle a perdu de son sang, de sa sève, de sa puissance. Le manque de silence a mené à cela.
Retourner en arrière, à un monde plus primitif ? Non, mais à un meilleur équilibre, et à plus de profondeur. La superficialité a donné des œuvres vides.
Or, la profondeur ne s’oppose pas à la simplicité, bien au contraire. C’est en allant en profondeur que l’on découvre les lois toutes simples et durables de la vie.
Et pour aller en profondeur, nous avons besoin du silence. C’est un précieux allié.
Normand Charest pour les Publications du Graal
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* Citation du début : Jamal Mahjoub, Nubian Indigo, roman traduit de l’anglais (Soudan) par Jean et Madeleine Sévry, Actes Sud, Arles, 2006 (p. 144).
À propos du silence, voir : https://messagedugraal.org/le-silence-106/