« Il y a une faille en toute chose, c’est par là qu’entre la lumière », nous dit une chanson de Leonard Cohen (There is a crack in everything /That’s how the light gets in).
Notre âme est touchée par cette phrase, même si notre raison se demande comment une faille pourrait être bonne pour nous. Une faille n’est habituellement pas une bonne nouvelle. Lorsqu’elle apparaît dans les fondations de notre maison, par exemple.
Mais si la faille vient fendre le mur de notre prison, nous y verrons plutôt l’espoir d’une libération. Et nous en serons heureux !
Or, les murs de cette prison qui nous retient, c’est nous qui les avons érigés. En nous limitant au matériel visible, nous nous sommes coupés peu à peu d’une grande partie de la réalité à laquelle nous sommes reliés, par notre origine spirituelle.
Nous nous sommes coupé ainsi de l’aide qui nous vient d’en haut et que nous ne pouvons plus reconnaître. Et nous nous retrouvons comme sourds et aveugles devant la grandeur du monde qui nous est devenu ainsi invisible.
Nous pouvons reprendre à notre manière l’image de Platon : nous sommes prisonniers d’une caverne où nous ne voyons que les ombres de la vie projetées par le feu. Or, personne ne nous retient dans cette caverne – sauf les liens de l’habitude, de l’inertie, de l’engourdissement spirituel.
La vie réelle et plus grande nous fait signe de l’extérieur, elle est ce feu, cette lumière qui projette des ombres sur la paroi intérieure de la caverne.
Le jour de notre mort terrestre, notre âme quittera de toute façon la « caverne » matérielle pour rejoindre le vaste monde plus subtil qui est le sien. Un lieu où l’âme ne « repose pas en paix », comme dit l’expression convenue, mais où elle continue plutôt à cheminer et à évoluer.
Normand Charest pour les Publications du Graal