Région

Sélectionnez une ville/municipalité

Thématique

Sélectionnez un sujet

Connexion
Membre

Chronique

On parle beaucoup du manque d’exercice des jeunes Nord-Américains, en cette époque de jeux vidéo et de numérique omniprésent. Depuis longtemps déjà, la situation est devenue préoccupante. Les enfants ont besoin d’exercice. Mais la meilleure forme d’exercice est probablement la marche en pleine nature, la découverte des ruisseaux, des forêts, de la beauté des chemins de campagne.

Évidemment, cette conception idyllique peut paraître illusoire. En premier lieu, ce type d’environnement naturel n’est plus accessible à tous ; il a d’ailleurs bien souvent disparu de nos régions. Et le genre d’aventures qu’impliquent ces excursions ne s’accorde plus à notre conception actuelle de la sécurité.

Il y a une cinquantaine d’années, les enfants pouvaient jouer beaucoup plus librement dehors. C’était encore plus frappant au 19e siècle, à l’époque où se situent les romans de Mark Twain avec ses célèbres héros Tom Sawyer et Huckleberry Finn, deux jeunes garçons turbulents et aventuriers.

Or, ces aventures fictives s’inspirent tout de même d’une certaine réalité historique et d’un idéal de liberté. C’est ce que l’on peut constater en lisant la biographie consacrée au grand architecte paysager américain Frederick Law Olmsted, à qui l’on doit en autre Central Park à New York et le parc du Mont-Royal à Montréal (voir W. Rybczynski, A Clearing in the Distance. Frederick Law Olmsted and America in the 19th Century, New York, 1999).

C’est ainsi que l’on peut lire ces propos surprenants dans une lettre de Olmsted à un ami directeur d’école auquel il suggérait certaines activités parascolaires : « Un garçon qui ne serait pas prêt à marcher, en toutes saisons, de dix à douze miles [env. 16 à 19 km] par jour et préférerait plutôt passer la journée calmement à la maison, souffrirait probablement d’une maladie ou d’une éducation défaillante. »

Il raconte d’ailleurs cette surprenante anecdote : « Je n’avais que neuf ans lorsque j’ai marché seize miles [près de 26 km], à travers une étrange contrée, avec mon frère qui n’avait que six ans. Notre voyage dura deux jours et nous avons passé la nuit dans une auberge de campagne, avant d’arriver à la maison de notre tante. »

Sans aller vers de tels extrêmes, cela nous fait quand même réfléchir sur la différence entre notre mode de vie actuel et celui de nos ancêtres du 19e siècle. Il ne s’agit pas de regarder en arrière de manière nostalgique, mais plutôt de constater que nous avons perdu quelque chose en cours de route, et que l’évolution matérielle du dernier siècle n’a pas apporté que de bonnes choses, en nous éloignant du naturel.

Normand Charest pour les Publications du Graal

http://messagedugraal.org

À Propos de l'auteur

Partagez sur votre réseau

Vous souhaitez vous afficher?

Devenez membre et publiez sur MaCommunaute.ca

Devenir membre