Le livre de Jean-Martin Fortier, Le jardinier-maraîcher. Manuel d’agriculture biologique sur petite surface, a été publié en 2012 et une édition mise à jour est parue en 2015, aux éditions Écosociété. Plus de 50 000 exemplaires ont été vendus et des traductions en plusieurs langues ont suivi l’édition en français.
Ce livre raconte l’histoire réjouissante d’un couple qui réussit à vivre de la terre en ne cultivant qu’un hectare de jardin, de manière biologique, en n’utilisant qu’un minimum d’énergie fossile, sans subventions gouvernementales, et sans être prisonnier des dettes et du financement.
Il s’agit aussi d’un manuel dans lequel l’auteur transmet généreusement son expérience, pour que d’autres fermiers se joignent à ce mouvement positif.
Dans la préface, Laure Waridel écrit : « L’histoire nous apprend pourtant que la coopération, davantage que la compétition, a permis aux humains de survivre et de trouver leur bonheur. »
La coopération ou la collaboration est une loi de la nature, comme nous le montrent l’observation et l’étude des interactions d’un écosystème, et elle tient une place déterminante dans l’histoire et dans l’écosystème de cette ferme familiale.
Collaboration entre ces maraichers d’un nouveau genre et leurs clients partenaires, qui paient d’avance au printemps pour les paniers qu’ils recevront chaque semaine au cours de la saison. Car ce sont eux, les clients partenaires, qui assurent ainsi le financement des semis, des matériaux, des salaires, etc., et non la banque.
Collaboration aussi avec la nature, grâce aux méthodes saines de la culture biologique.
Si certains d’entre nous rêvaient d’un retour à la terre dans les années 1970, nous sommes heureux de voir ce rêve se réaliser maintenant par une nouvelle génération.
Heureux de voir également les citadins collaborer à ce renouveau, par leur clientèle directe et leur soutien financier, en échange de produits sains et vivants.
Marie-Victorin, dans la préface à sa Flore laurentienne publiée en 1935, prenait l’exemple du mythe grec d’Antée pour illustrer notre besoin de demeurer en contact avec la terre. Cela demeure toujours aussi nécessaire, en ce moment, pour équilibrer notre mode de vie de plus en plus virtuel et coupé du réel.
Nous avons souvent souhaité un journalisme qui donnerait de bonnes nouvelles de l’actualité, et non pas seulement de mauvaises, de manière à encourager ce qui se fait de bien, d’y participer aussi et de nous en réjouir. Ce livre nous donne l’occasion de le faire, et nous lui en sommes reconnaissants, particulièrement en cette saison des récoltes.
Normand Charest pour les Publications du Graal