Le contact avec la nature peut nous aider à retrouver une plus juste vision du monde. La nature est notre « mère ». En elle, nous retrouvons les vraies valeurs durables – durables parce qu’elles reposent sur les lois éternelles qui régissent la nature.
Et ce contact avec la nature se fait par l’amour que nous avons pour elle, comme l’exprime cet extrait des Frères Karamazov de Dostoïevski :
« Aimez toute la Création de Dieu, dans son ensemble et jusqu’à chaque grain de sable. Aimez chaque feuille. Chaque rayon de la lumière de Dieu. Aimez les animaux, aimez les plantes, aimez tout. Si vous aimez tout, vous percevrez le mystère divin en chaque chose. »
Sigurd F. Olson, un professeur de sciences naturelles américain et auteur prolifique, citait ce passage au début de son livre The Lonely Land (1961), dans lequel il raconte ses longues randonnées en canot, le long des rivières et des lacs sauvages de la Saskatchewan.
Écouter sa voix intérieure
Dans ce même livre de Sigurd F. Olson, on peut aussi lire : « … if a man follow his hunches and does not argue, his decision usually will be sound » (si un homme agit selon ce qu’il ressent sans argumenter, sa décision sera habituellement bonne).
Il écoute ainsi son intuition sans se faire détourner par des obstacles intellectuels. Le « gros bon sens » est souvent très vrai, et le contact avec la nature peut aider l’homme à retrouver l’écoute de sa voix intérieure.
Perdu en plein bois, par exemple, l’homme a réellement besoin d’être intuitif pour percevoir de l’intérieur l’aide mise à sa portée – loin des routes numérotées et des réseaux de communication numériques desquels nous dépendons habituellement (téléphone, GPS).
Ne pas argumenter avec ce que l’on ressent – comme écrit Olson –, être à l’écoute de ce qui est chuchoté en toute discrétion à l’intérieur de nous, voilà déjà une bonne leçon que nous offre le contact et la collaboration avec la nature. Une collaboration qui repose sur l’amour.
Normand Charest pour les Publications du Graal