Le jeudi 10 avril 2014
Théâtre : «Le zébrin de l’arc-en-ciel»
Collage de textes de Claude Gauvreau, par Michel Garneau et Christian Vézina
Mise en scène de Christian Vézina
Exercice public des étudiants de 1ère année en études théâtrales
«L’amour, c’est courir nu dans la forêt où les sorciers baroques nous épient…»
Claude Gauvreau est l’un des poètes québécois les plus reconnus du 20e siècle. Un des plus singuliers aussi. Bachelier en philosophie, il se découvre, au contact de Paul-Émile Borduas, un intérêt pour l’écriture surréaliste et automatiste. Claude Gauvreau est d’ailleurs l’un des signataires du Refus Global. Il publiera des poèmes, des romans, mais également des pièces de théâtre dont Les oranges sont vertes, L’asile de la pureté et La charge de l’orignal épormyable. Gauvreau inventera même un langage, l’exploréen, feu d’artifice d’étymologie et d’onomatopées, qu’il utilise dans plusieurs de ses œuvres. Celles-ci, quoique riches et colorées, laissent clairement apparaître les tourments de l’auteur, étouffant dans le conformisme ambiant et souffrant de troubles psychologiques. La veille des premières répétitions de la pièce Les oranges sont vertes, Gauvreau décède en tombant du toit de son domicile, dans des circonstances plutôt nébuleuses. Il avait 45 ans.
Michel Garneau est un grand poète, dramaturge et homme de théâtre; ami de Gauvreau, il a réalisé la première version de ce collage « par pure affection » pour l’auteur et l’a ensuite confiée à Christian Vézina, également poète et dramaturge.
Le zébrin de l’arc-en-ciel présente, en quelques tableaux symboliques et poétiques, l’histoire de Frédéric Ivirnig Claude Chir de Houppelande et de sa muse, Cégestelle. L’oppression morale y est représentée par un Cardinal obséquieux et par le Mari. Il s’agit donc d’un quatuor auquel s’ajoute un chœur, celui des témoins de cette belle et triste histoire.
Passant du comique au tragique sans jamais délaisser sa poésie, Le Zébrin de l’arc-en-ciel est une pièce de théâtre insolite et pleine de vigueur exaltant liberté et créativité. Inspiré de la passion de Gauvreau pour la comédienne Muriel Guilbeault, Le Zébrin de l’arc-en-ciel est un cri de révolte et de joie qui nous rappelle que le grand amour trouve toujours un moyen d’inventer l’éternité.
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