Le jeudi 17 avril 2014
ANGÈLE VERRET @ outremont
« N’ÊTRE PLUS QU’UN LIEU » Peinture, à la fois d’inquiétude et d’apaisement, qui installe une distance, qui oblige à reconsidérer – avec et contre – non tant la peinture que ce qui la fonde, non tant le langage que ce qui le sous-tend, non tant l’image que sa nécessité. Peut-être la peinture d’Angèle Verret reconduit-elle finalement le pouvoir de fascination et d’inconfort de l’aura de l’idole. Car si l’étymologie grecque et latine atteste du lignage de l’eidölon et de l’idolum à l’image, toutes deux signalent ce qu’il a de liens au fantomatique, au spectral ; le grec ecclésiastique, lui, le rattache à la «forme» – mais qu’est-ce au juste qu’une forme fantomatique ? Serait-ce donc d’un indécidable que la forme de ces images constaterait ? Une somme de «comme si…» : comme si, une photographie, comme si, un épiderme, comme si… la vue aérienne d’un paysage rocailleux ou autre… Comme si, en effet, mais où, remarquablement, le mot peinture, lui, n’apparaît régulièrement que de manière interrogative : «C’est de la peinture, ça!?». Pourquoi cela? Parce qu’au-delà, peut-être ? Non. Tout simplement parce que jamais vu ainsi. Comment voir, alors? Et, le cas échéant, qu’y verrait-on? Comme l’indique le nom de l’artiste, voir est une proposition conditionnelle.
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