Le lundi 7 avril 2014
HUGO BERGERON @ graff
« DÉCHARGES » De tous les arts, la peinture est sans doute le seul qui intègre nécessairement, «hystériquement», sa propre catastrophe, et se constitue dès lors comme une fuite en avant. Dans les autres arts la catastrophe n’est qu’associée. Mais le peintre, lui, passe par la catastrophe, étreint le chaos, et essaie de s’en sortir. – Gilles Deleuze, Francis Bacon, logique de la sensation, éditions du Seuil, Paris, 2002, page 96.
Chaque œuvre de la série Décharges commence par un dessin sculpté dans un pochoir : des fragments d’immeubles, des édifices en ruine qui surprennent par leur symétrie, par l’inversion presque eschérienne de leurs plans. Sur ces caches provisoires sont projetées des giclées de couleurs qui abîment et modulent la surface du support placé à la verticale. Dans un élan et à distance, les Décharges sont ces tirs francs sur la toile d’eaux colorées qui, en s’abattant sur le dessin, le font basculer dans le champ de la peinture; une action désinvolte, sans retenue, où la limite entre l’achevé et l’inachevé est difficile à maintenir.
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