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Le travail de Daniel Olson s’étend sur plus de vingt ans. Sa pratique interroge le rôle de l’artiste au sein de son travail et la notion d’identité, qui est altérée par la relation à l’autre. Olson met en scène un univers tout à fait singulier où les renvois multiples à la culture populaire et à sa vie personnelle voisinent avec ceux d’une culture visuelle puisée notamment dans le cinéma, la photographie et la littérature. De ces explorations se dégage une œuvre éclectique qui prend la forme d’installations, d’objets, de livres d’artiste, de photographies, de vidéos, de pièces sonores et de performances. Le plaisir accordé aux mots, aux jeux de langage, et au processus de création teinte l’esthétique des œuvres.

 Les références à l’histoire culturelle sont multiples dans son travail. Dans l’installation Cheap Tricks (2010), Olson construit une scénographie inspirée à la fois de Jouets et confiseries de Georges Méliès et du stand de psychiatrie du personnage fictif Lucy dans la bande dessinée Peanuts. Dans The Mad Hatter (2012), l’artiste propose une série d’autoportraits photographiques où il apparaît déguisé en clown coiffé d’une tour de chapeaux. Les sources de cette œuvre sont autant personnelles qu’historiques, avec notamment le collage The Hat Makes the Man de Max Ernst (1920) ou le portrait de Charlie Chaplin par Edward Steichen (1925). Dans la vidéo Breakaway (2012), il réinterprète One and Three Chairs (1965) de Joseph Kosuth. L’image fixe de Kosuth devient ici œuvre audio-vidéo avec une finale fracassante. L’un des trois degrés de cette chaise – sa définition tirée d’un dictionnaire – est remplacé par la définition française du mot «chair». L’astuce langagière donne à l’œuvre tout son sens, sa nature faussement ferme et inébranlable : les icônes peuvent aussi s’écrouler.

 Né en Californie en 1955 de parents canadiens, Daniel Olson a étudié en mathématiques et en architecture avant d’obtenir un baccalauréat en arts visuels au Nova Scotia College of Art and Design à Halifax en 1986 et une maîtrise en arts visuels à la York University à Toronto en 1995. Il a exposé à travers le Canada et à l’étranger, notamment à la Contemporary Art Gallery (Vancouver), au Musée des beaux-arts de l’Ontario (Toronto), au Musée national des beaux-arts du Québec (Québec), à la Galerie Optica (Montréal) et au Centre culturel canadien à Paris (France). Son travail est documenté dans plusieurs catalogues comme Small World (Cambridge/Lethbridge/Sackville, 2000) ou Beside Myself/Hors de moi (Sainte-Hyacinthe, 2010). Depuis 1992, Olson a réalisé de nombreuses publications d’artistes, dont la plupart sont disponibles chez Art Metropole à Toronto, qui a également publié The Outline of History (2004) et Sixty-Nine (2005). Depuis 2001, Daniel Olson vit et travaille à Montréal. Il est le récipiendaire du Prix Louis-Comtois 2009.

Deux de ses vidéos seront présentées au Festival International du Film sur l’Art (FIFA) à la Cinémathèque québécoise : Breakaway, diffusée le 22 mars à 16 h dans le cadre du programme Perspectives 1 ; Heisenberg’s Cat, le 23 mars à 18 h 30 dans le cadre du programme Perspectives 2 ; commissaire : Nicole Gingras. 

Remerciements : École des arts visuels et médiatiques, UQAM ; Faculté des arts, UQAM ; Programme d’intégration des chargé/e/s de cours, UQAM ; Festival International du Film sur l’Art (FIFA), Montréal.

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