Le lundi 24 mars 2014
Ianick Raymond @ outremont
« DÉCOLORATION » Hormis les œuvres d’art qui s’appréhendent sur un écran d’ordinateur, la plupart des œuvres perçues en salle d’exposition le sont dans un espace déambulatoire. Notre point de vue est nécessairement mobile et continu quand nous cherchons à les percevoir, mais certaines œuvres nous donnent des informations très différentes selon la distance que nous occupons par rapport à elles. Lorsque nous sommes dans l’espace environnant une sculpture ou une installation, cette mobilité du spectateur va de soi. Mais on a parfois tendance à penser qu’en ce qui concerne la peinture, il existe un point de vue privilégié qui est essentiellement frontal et central afin de bien percevoir l’ensemble d’un tableau. Les autres points de vue seraient soit secondaires, soit négligeables. Ce réflexe a peut-être quelque chose à voir avec l’importance et le rôle que nous avons accordés à la perspective pendant plusieurs siècles dans l’art occidental. Cependant, la distance, et même l’angle de vue que nous occupons à l’endroit du tableau, feront varier nécessairement notre perception et notre compréhension de l’œuvre peinte. Et je ne souhaite pas aborder ici des questions relatives à l’anamorphose ou à la peinture en général.
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