Le mercredi 12 février 2014
Conférence: «Cyberdépendances et les jeunes: aspects psychosociaux»
Conférence-midi de l’Institut Santé et société de l’UQAM.
Conférencier invité : Amnon Jacob Suissa, professeur à l’École de travail social de l’UQAM. Il enseigne la méthodologie de l’intervention auprès des familles, et donne aussi des cours touchant au phénomène des dépendances comme problème social. Dans une perspective constructiviste des problèmes sociaux, il s’intéresse aux déterminants sociaux des dépendances et leur impact sur les processus d’intervention. Formé en thérapie familiale et sociologue, il est l’auteur de plusieurs articles et ouvrages scientifiques. Parmi ceux-ci, Le Monde des AA: alcooliques, gamblers, aux Presses Universitaires du Québec, PUQ (2009).Pourquoi l’alcoolisme n’est pas une maladie (2007); Le jeu compulsif: vérités et mensonges (2005) aux Éditions Fidès. Il collabore comme chercheur à plusieurs projets de recherche et anime des séminaires dans le cadre de programmes de formation au Canada et à l’international.
Résumé de la conférence : Le concept de cyberdépendance est loin de faire l’unanimité parmi les scientifiques et les divers acteurs sociaux (Nadeau et al ; 2011 ; Perraton, Fusaro et Bonenfant, 2011). Il en est de même avec la dépendance aux jeux vidéo (Coulombe, 2010) ou à Facebook (Andreassen et al; 2012; Levard et Soulas, 2010). Alors que certains ont souhaité que cette condition soit incluse dans le DSM-5, d’autres interrogent les critères diagnostics sur le plan opérationnel. Partagés entre différentes conceptions, certains voient la cyberdépendance comme un problème lié à une mauvaise gestion du temps, d’autres à une co morbidité préexistante.
Si le psychologique nous permet généralement de mieux comprendre la dynamique relationnelle associée aux facteurs personnels et individuels pouvant générer la dépendance, force est de reconnaître que les conditions sociales ayant donné naissance à ces facteurs nous permettent de mieux identifier les déterminants sociaux qui structurent la construction des dépendances en question. Dans la mesure où la majeure partie des problèmes de dépendance sont issus des réactions comprises comme étant individuelles aux problèmes sociaux structurels (individualisme, faiblesse des liens sociaux, pauvreté) est-il possible de s’approprier un argumentaire visant à adopter l’approche psychosociale plutôt que d’agir comme extension du modèle biomédical ?
Au centre de ces dynamiques relationnelles individu – activités cyber – conditions sociales, la force ou la faiblesse des liens sociaux est un facteur important dans la compréhension du phénomène en question. Comment s’effectuent les passages d’une condition sociale et des comportements de dépendance à un statut de pathologie en termes de santé mentale? Dans la mesure où la majeure partie des problèmes de dépendance sont issus des réactions comprises comme étant individuelles aux problèmes sociaux structurels (individualisme, faiblesse des liens sociaux, pauvreté) mais aussi symboliques (individualisme, faiblesse des liens sociaux, pauvreté,).
À ces question, et après une mise en contexte et un essai de définition de la cyberdépendance, nous illustrerons sur une base critique certains enjeux psychosociaux qui nous apparaissent comme étant centraux dans le développement de ce type de dépendance.
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