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Communiqué

L’utilisation accrue des technologies numériques induira alors
une accentuation de la perception de désuétude associée aux
systèmes informatiques et, conséquemment, une augmentation
relative des problèmes actuels de pollution: «
en occident, les modèles évoluent si vite que l’année
prochaine 300 millions de micro-ordinateurs partiront à la
poubelle aux Etats-Unis » (3). Il est donc impératif que des
solutions soient apportées afin de freiner ce fléau, et l’une de
celles-ci consiste à réutiliser les ordinateurs jugés désuets au
sein des pays du monde développé numériquement de manière à en
faire profiter les sociétés des pays en voie de
développement.

La pollution issue des déchets informatiques

En 2005 seulement, 170 491 tonnes de matériel lié aux
technologies de l’information et de la communication auront été
jugées désuets au Canada (4). Compte tenu de la composition d’un
ordinateur (verre, plastique et métaux divers), toute matière non
réutilisée ou non recyclée présentera certains dangers: bien que
ne s’y retrouvant qu’en d’infimes quantités, le plomb, le mercure
et le cadmium n’en demeurent pas moins potentiellement néfastes
pour la santé humaine en s’attaquant au système nerveux, aux
reins et au sang et pouvant même mener au cancer ou provoquer des
troubles moteurs et intellectuels (5). L’oxyde de plomb contenu
dans les tubes cathodiques des écrans d’ordinateurs risque, quant
à lui, de se répandre jusqu’à des cours d’eau potable ou jusqu’à
la nappe phréatique et cela, malgré un enfouissement jugé adéquat
(6). Et si on a le malheur d’incinérer cet attirail électronique,
les vapeurs ainsi que les cendres de plomb se propageront dans
l’atmosphère, exposant aux dangers les populations locales. Pour
ce qui est des composantes plastiques, on constate que leur
recyclage est trop souvent irréalisable, celles-ci étant faites
de plusieurs types de plastiques, conséquence d’un souci
davantage économique qu’écologique de la part de leurs
fabricants.

Étant donné que le recyclage de tout ordinateur implique la
destruction définitive de ses puces, de ses semi-conducteurs et
de ses composantes électroniques, il est préférable, dans la
mesure du possible, d’offrir une seconde vie à ces
ordinateurs.(7) «
Nous devons aller au-delà du simple recyclage et nous
intéresser au marché de l’occasion, à la réparation, etc. Mieux
vaut améliorer sa machine ou la revendre: cela économise 5 à 20
fois plus d´énergie que le recyclage » (8). Seulement pour
sa fabrication, un ordinateur nécessite 1,8 tonnes de matériaux,
soit 240 kilogrammes de combustibles fossiles, 22 kilogrammes de
produits chimiques et 1500 litres d’eau (9). En énergie fossile
seulement, l’ordinateur consomme donc dix fois son poids, alors
que la production d’un réfrigérateur ou d’une voiture consomme
une fois ou deux son poids (10). « Et plus il est petit et léger,
plus il faut d’or noir pour le façonner. Une puce de 2 grammes
exige 1,6 kg d’énergie fossile pour sa fabrication, soit 600 fois
son poids! » (11)

Les bénéfices de la réutilisation des technologies de
l’information pour les pays en développement

Grâce aux technologies informatiques, les pays du Sud,
notamment, peuvent se développer, celles-ci étant profitables à
l’éducation, à une meilleure compétitivité économique et,
conséquemment, à l’acquisition d’une plus grande autonomie par
rapport au pays du Nord. En effet, «
les pays en développement ont besoin d’adopter des mesures
pour conserver les étudiants dans le système d’éducation ou pour
leur offrir des emplois, leur donnant des possibilités
d’apprentissage efficace, et, sur ce front, les nouvelles
technologies de l’information et de la communication (TIC)
peuvent leur venir en aide. » (12) Les TIC présentent donc
une réponse viable aux problèmes liés à la déscolarisation, mais
s’avèrent également propices à la résolution d’autres problèmes
inhérents aux sociétés sous-développées. Toute «société du
savoir» a besoin de professionnels, pourvus de compétences
spécialisées et d’une formation générale, ainsi que d’un certain
nombre de techniciens: une population adéquatement éduquée et
compétente représente la condition-clé favorable à un
développement établi sur une utilisation efficace des TIC.
(13) 

Un support ponctuel, culturellement adapté et ne créant
pas de dépendance

Il est essentiel de faire en sorte que le transfert
technologique dont il est ici question favorise une indépendance
des pays du Sud à l’égard des pays industrialisés plutôt que
l’inverse. Ce sont des outils qui leurs sont offerts, et cela
doit être fait sachant la chose temporaire et transitoire: «
une fois que les stratégies et les politiques en matière de
TIC seront en place, un investissement limité dans les capacités
humaines et techniques pourrait avoir un effet catalyseur durable
dans les pays en développement au chapitre de la pauvreté, de
l’inégalité entre les genres et de l’environnement. » (14)
Il faut également adapter autant que possible ces outils,
principalement au niveau de l’ergonomie logicielle, de manière à
respecter les cadres culturel, social et économique dans lesquels
ils s’insèrent. Cependant, on émet souvent certaines critiques
quant au «
manque évident de fonds pour appuyer les initiatives
d’intégration des TIC à l’éducation de masse » (15). C’est
ici qu’interviennent certains organismes d’aide au développement
des pays du Sud en agissant comme intermédiaires entre ceux-ci et
les pays du Nord. C’est le cas de
Micro-Recyc-Coopération qui recueille les
ordinateurs et les accessoires informatiques usagés auprès de la
population et des entreprises canadiennes afin de leur donner une
seconde vie dans les pays pauvres.

Alors, considérant le fait que les problèmes de pollution
électronique occasionnés par une utilisation outrancière des
technologies informatiques seraient considérablement atténués par
un transfert matériel vers certaines régions sous-développées de
notre planète, il devient capital de réaliser le pouvoir que
chacun détient en tant que membre actif de la société, au
quotidien, à travers chacune de ses décisions: considération de
la nécessité des biens de consommation acquis, de leurs origines
ainsi que des commerces où cela s’effectue, choix de
réutilisation, choix de recyclage, etc. Ce sera donc par la prise
de connaissance, puis de conscience et finalement par
l’intermédiaire des mises en application qui en découlent que les
différents acteurs de la société pourront intervenir adéquatement
afin de minimiser les effets néfastes de la pollution, maximiser
les profits sociaux et, conséquemment, respecter le cadre du
développement durable. Afin de mener à bien ces projets sociaux,
il faudra donc renverser la vapeur en reprenant le contrôle du
train de l’économie, qui consomme plus et toujours plus,
s’accélérant sans cesse sans savoir s’il finira par dérailler et
quand cela se produira. Espérons que les nombreux passagers à
bord sauront convaincre les quelques conducteurs du wagon de tête
d’immobiliser ce train ou, du moins, de ralentir sa cadence avant
que cela ne se produise.

(1) –
Valérie Borde, Pollution assistée par ordinateur,
L’Actualité, 1er octobre 2000, page 64

(2) –
NETendances CEFRIO – Léger Marketing, Novembre 2003, 

(3) – Ravi Aganwal, directeur de l’ONG Toxics Link, dans
Courrier International n°694 du 19 février 2004

(4) –
Gouvernement du Canada
(5) –
Recyc-Québec
(6) –
Recyc-Québec
(7) –
Recyc-Québec
(8) – Ruediger Kuehr dans
Ordinateurs et environnement, une étude de l’Université
des Nation Unies (EricWilliams et Ruediger Kuehr)

(9) – Selon une étude de l’Université des Nation Unies (
Ordinateurs et environnement, Eric Williams et Ruediger
Kuehr)

(10) –

http://www.lecourrier.ch/modules.php?op=modload&name=NewsPaper&file=article&sid=38850

(11) –

http://www.lecourrier.ch/modules.php?op=modload&name=NewsPaper&file=article&sid=38850

(12) –
Andreas Credé et Robin Mansell, LES SOCIÉTÉS DU SAVOIR … EN
BREF,  La technologie de l’information au service du
développement durable (
pour CRDI et la Commission des sciences et de la technique au
service du développement) CRDI 1998, p.21

(13) –
Andreas Credé et Robin Mansell, LES SOCIÉTÉS DU SAVOIR … EN
BREF,  La technologie de l’information au service du
développement durable (
pour CRDI et la Commission des sciences et de la technique au
service du développement) CRDI 1998, p.18

(14) –
Andreas Credé et Robin Mansell, LES SOCIÉTÉS DU SAVOIR … EN
BREF,  La technologie de l’information au service du
développement durable (
pour CRDI et la Commission des sciences et de la technique au
service du développement) CRDI 1998, p.43

(15) –
Andreas Credé et Robin Mansell, LES SOCIÉTÉS DU SAVOIR … EN
BREF,  La technologie de l’information au service du
développement durable (
pour CRDI et la Commission des sciences et de la technique au
service du développement) CRDI 1998, p.21

Auteur : Mathieu Lepage, agent de développement à
Micro-Recyc-Coopération

Pour en savoir plus :

Micro-Recyc-Coopération
Téléphone 514-227-5776

Télécopieur 514-227-0020

Courriel :
info@microrecyccoop.org
Site Internet :
http://www.microrecyccoop.org

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