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Communiqué

Montréal, le 15 juin 2015 – « La situation
n’est pas tout à coup devenue rose pour les locataires du Québec et en
particulier pour les ménages qui sont présentement à la recherche d’un
logement ». C’est en ces mots que François Saillant, coordonnateur du
Front d’action populaire en réaménagement urbain a réagi au Rapport sur le marché locatif du printemps 2015
publié, ce matin, par la Société canadienne d’hypothèques et de
logement (SCHL). Le Rapport montre une augmentation de l’offre et de la
disponibilité de logements locatifs dans l’ensemble du Québec et dans
cinq régions métropolitaines sur six. Le FRAPRU estime que ce grand
constat masque toutefois deux réalités importantes.


Les grands logements sont toujours rares


La première mise en garde du FRAPRU porte sur la rareté persistante de logements pour les familles. Le
taux de logements inoccupés des appartements de trois chambres à
coucher et plus demeure en effet sous la barre du 3 % dans les régions
métropolitaines de Montréal (2,2 %) et de Québec (2,5 %). Dans certains
centres urbains, le taux est tout simplement de 0 %. C’est notamment le
cas à Amos, Montmagny, Roberval, Rawdon, Prévost,
Saint-Lin-des-Laurentides, ainsi qu’aux Îles-de-la-Madeleine. Dans
d’autres, le pourcentage est à peine supérieur à zéro. C’est le cas à
Val-d’Or (0,2 %), Rouyn-Noranda (0,8 %), Sorel (0,7 %), Granby (1,0 %)
et Matane (1,3 %). « En fait, ce sont surtout dans les appartements de
plus petite taille, comme les studios et les logements d’une chambre à
coucher, que l’offre de logements est abondante, ce qui n’aide pas
beaucoup les familles avec enfants à la recherche d’un appartement»,
commente François Saillant.


Des logements qui ne sont plus abordables


L’autre facteur qui joue lors de la recherche d’un logement est le
loyer de ceux qui sont offerts. À ce sujet, le FRAPRU souligne que, si
les logements locatifs sont beaucoup moins rares que c’était le cas au
début des années 2000, ils sont aussi plus chers. Ainsi, le loyer moyen
d’un logement de deux chambres à coucher est de 714 $ à l’échelle du
Québec, 777 $ dans la région métropolitaine de Québec, 747 $ dans celle
de Gatineau et 742 $ dans celle de Montréal.


« Encore là, il faut faire attention aux chiffres, précise François
Saillant, le loyer des logements présentement en location étant encore
beaucoup plus haut que ce que montre le rapport de la SCHL ». Il cite à
l’appui de cette information une étude publiée, ce matin même, sur le
site internet de Radio-Canada et qui démontre, à partir d’un relevé de
10 000 logements en location sur Kijiji dans le Grand Montréal, qu’il
existe un écart majeur entre les loyers dont fait état le rapport de la
SCHL et ceux qui sont présentement à louer, cet écart étant de 45 % dans
le Sud-Ouest de Montréal et Verdun, de 39 % sur le Plateau Mont-Royal
et de 35 % dans Hochelaga-Maisonneuve.


Le FRAPRU estime que cet écart entre les loyers des appartements occupés et ceux en location existe dans les autres régions. 


Le cas de l’Abitibi et de la Côte-Nord


Le FRAPRU s’inquiète par ailleurs de la hausse constante des loyers
dans les centres urbains de l’Abitibi où la rareté de logements locatifs
sévit depuis près d’une décennie. À Val-d’Or, les loyers des logements
existants ont augmenté de 4,6 % entre avril 2014 et avril 2015, la
hausse ayant été de 3,4 % l’année précédente. Quant à Amos, après avoir
connu un accroissement de 4,9 % en 2013-2014, les loyers ont à nouveau
augmenté de 3,2 % au cours de la dernière année.


Même si la sévère pénurie de logements locatifs qu’a aussi vécue la
Côte-Nord s’est essoufflée, le loyer a continué d’augmenter à Sept-Îles,
la hausse ayant été de 4,3 % entre avril 2013 et avril 2014 et de 2,6
%, cette année.


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