Le mercredi 4 février 2015
Prolongement de l’autoroute 19 : On ne peut se permettre de faire encore une telle erreur
Montréal, le 4 février 2015 –
Les Conseils régionaux de l’environnement de Montréal et de Laval,
Équiterre et la Fondation David Suzuki appellent les décideurs
politiques à regarder la réalité en face dans le dossier du prolongement
de l’autoroute 19 dans la région métropolitaine. Avec l’augmentation
importante du nombre de voitures qui perdure depuis des années, avec la
congestion qui y est associée, et avec le sous financement criant pour
de nouveaux services de transports collectifs, poursuivre
l’agrandissement des autoroutes urbaines ne fera qu’aggraver le
problème.
Ce projet démontre qu’aucune leçon n’a été retenue des erreurs
d’investissement et d’aménagement du territoire qui sont une des causes
du déficit actuel. Nous n’avons même pas la capacité d’entretenir et de
rénover le réseau actuel, et on voudrait construire de nouvelles
autoroutes ? L’agrandissement de l’A-19 serait donc une dette de plus
pour les générations futures et un pas de moins vers la mobilité
durable. Le gouvernement ferait fausse route avec ledit projet qui
constitue un véritable gaspillage d’argent public.
Plus de voitures, plus d’autoroutes : une très mauvaise association
Pour les organismes, défendre le prolongement de l’autoroute 19 n’a
tout simplement aucun sens au 21e siècle. Les erreurs du 20e siècle sont
assez éclairantes pour prendre parti du changement au niveau de la
mobilité urbaine. Toutes les métropoles qui ont cru dans le passé que la
fluidité des déplacements des personnes passait par les agrandissements
et prolongements d’autoroutes métropolitaines l’ont payé cher, et
continuent de le faire en termes de congestion, de pollution
atmosphérique, d’étalement urbain. Tout cela sans compter les coûts
financiers exorbitants pour la construction et l’entretien de
l’asphalte, des rocades, des ponts…
Transports collectifs : la solution à la congestion aux heures de pointe
Si les organismes partagent la lecture concernant la congestion de
cet axe aux heures de pointe, ils préconisent une toute autre voie pour
véritablement solutionner cette problématique, soit celle d’un boulevard
et de services de transports collectifs nettement améliorés. Ainsi, en
canalisant une grande partie des navetteurs dans les transports
collectifs, les voies routières du boulevard répondraient à la
circulation résiduelle.
Les organismes tiennent à souligner que les avancées dans les
transports collectifs à Laval et la Rive-Nord seraient très importantes
si les investissements provinciaux étaient mis dans un boulevard et une
offre attractive de transports collectifs. Les organismes insistent sur
le volet «attractif», car des voies réservées avec très peu d’autobus ne
représentent pas un service efficace, ni attrayant pour les personnes
qui doivent aller travailler tous les matins. Il faut plus de voies
réservées et bien plus d’autobus.
Bien investir l’argent de la population québécoise
Aucune métropole dans le monde n’a fait la démonstration qu’agrandir
une autoroute pour palier le problème de congestion est une réussite, au
contraire. En quelques années, soit bien avant la fin de la durée de
vie utile des infrastructures, la congestion revient au grand galop et
de façon décuplée. Les organismes ne peuvent pas croire que le
gouvernement, dans sa logique d’austérité, viendrait acquiescer à pareil
gaspillage d’argent public.
Ce projet d’autoroute est d’autant plus inacceptable qu’il en coûterait
au moins 500 à 600 millions de dollars pour la construction, sans
compter qu’il faudrait aussi en ajouter beaucoup d’autres pour
l’entretien, avec des résultats négatifs à moyen terme.
Les organismes appellent le gouvernement à faire des choix éclairés non
seulement pour demain, mais aussi pour les prochaines générations qui
auront à vivre et à payer les choix d’aujourd’hui. Ces choix ne peuvent
aller vers l’accroissement constant de l’offre d’autoroute mais
devraient prendre le parti d’une mobilité durable et plus efficace.
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À propos du CRE-Montréal
Le Conseil régional de l’environnement de Montréal, l’instance
régionale en environnement, est un organisme à but non lucratif
indépendant, consacré à la protection de l’environnement et à la
promotion du développement durable sur l’île de Montréal. Par le
regroupement et la concertation de ses membres, par ses activités de
sensibilisation, de représentation publique et ses différents
projets-action, il contribue à l’amélioration de la qualité des milieux
de vie et de l’équité sociale sur l’île de Montréal. Pour en savoir
plus : www.cremtl.qc.ca
À propos du CRE de Laval
Le Conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval a été fondé en
janvier 1996 par les citoyens et les organismes environnementaux de la
région. Sa mission est d’améliorer la qualité de l’environnement et de
promouvoir le développement durable. Le CRE de Laval regroupe de façon
volontaire tout individu, organisme privé ou public voué à la protection
de l’environnement et à la promotion des principes du développement
durable. Le CRE de Laval se préocuppe des dimensions sociale,
environnementale et économique afin d’assurer un développement qui
réponde aux besoins présents sans priver les générations futures d’une
qualité environnementale enviable.
À propos d’Équiterre
Équiterre s’est donné pour mission de contribuer à bâtir un mouvement de
société en incitant citoyens, organisations et gouvernements à faire
des choix écologiques, équitables et solidaires. Par son action,
Équiterre veut porter l’attention sur les aspects fondamentaux de la
vie. Manger, se transporter, habiter, jardiner et consommer : des
besoins vitaux, mais aussi des moyens à la portée de chacun pour agir de
façon responsable et changer le monde un geste à la fois.
À propos de la Fondation David Suzuki
La Fondation David Suzuki a pour mission de protéger la diversité de la
nature et notre qualité de vie, maintenant et pour l’avenir. La
Fondation travaille avec les gouvernements, les entreprises et les
citoyens pour protéger notre environnement par l’éducation, la science
et le plaidoyer, afin de catalyser les changements nécessaires pour
vivre en équilibre avec la nature. La fondation est soutenue par 29 000
donateurs à travers le Canada et compte une communauté de supporters de
plus de 250 000 à travers le pays, dont 60 000 au Québec.
Informations :
Aurore Tanier
Chargée de communication et événements, CRE-Montréal
atanier@cremtl.qc.ca
Tel : 514.842.2890 poste 222 ou cell : 438.877.9117
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