Le jeudi 8 janvier 2015
Plan d’action du FRAPRU d’ici l’été: camp pour le droit au logement et grève sociale sont au programme
Montréal, le 8 janv. 2015 – C’est par une série de coups
d’éclat que le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
accroîtra la pression sur les gouvernements afin de les obliger à
sortir de leur indifférence et de leur insensibilité à l’égard des
problèmes de logement et de pauvreté.
Le point culminant de ces actions sera la tenue, à partir du 21 mai
prochain, d’un camp à durée indéterminée en plein centre-ville de
Montréal. Une grande manifestation donnera le coup d’envoi de
l’évènement. Plus d’une centaine de personnes, mal-logées, itinérantes
ou militantes, occuperont un terrain bien en vue du cœur de Montréal.
Elles y organiseront des activités de toutes sortes, ouvertes à la
population. Le campement urbain visera à attirer l’attention de
l’opinion publique et à forcer la main des gouvernements, tant
provincial que fédéral, pour qu’ils investissent de manière beaucoup
plus importante dans le logement social. Marie-José Corriveau,
organisatrice à l’organisme national, précise qu’« afin d’assurer que
cette activité se déroule sans entrave, le FRAPRU recherchera l’appui de
personnalités publiques qui seront invitées à s’y associer et même à y
participer activement, si elles en ont la possibilité ».
Une campagne d’information sera menée au préalable, incluant la
diffusion, à partir du 12 janvier, d’une série de neuf capsules vidéo
dans lesquelles des personnes témoignent de leurs problèmes de logement
et des retombées positives que le logement social a eues pour une partie
d’entre elles.
De plus, une manifestation nationale se déroulera à Québec, autour du 1er
avril, afin de réagir aux budgets fédéral et provincial qui devraient
avoir été rendus publics, au cours des semaines précédentes.
Le FRAPRU considère inadmissible que les gouvernements fassent la sourde
oreille à sa demande d’investissements pour la réalisation de 50 000
nouveaux logements sociaux en cinq ans, alors que 270 340 ménages
locataires ont des « besoins impérieux de logement » au Québec, selon
des données récentes de la SCHL. Dans la ville même de Montréal, 102 480
ménages locataires versent, mois après mois, plus de la moitié de leur
revenu pour se loger, dont 53 030 plus de 80 %. Aux dires de tous les
intervenants, l’itinérance est également en pleine croissance à Montréal
comme dans plusieurs autres villes au Québec.
Non à l’austérité
En plus de ces actions organisées sous le thème « Le logement, un
droit », le FRAPRU s’impliquera activement dans la lutte contre les
politiques d’austérité du gouvernement libéral de Philippe Couillard.
Ainsi, il sera partie prenante des actions dérangeantes coordonnées par
la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des
services publics, du 22 au 27 février, en prévision du budget Leitao.
« Nous n’attendrons pas les bras croisés que le gouvernement libéral
charcute encore plus les services publics et les programmes sociaux, y
compris ceux en habitation », s’exclame François Saillant, coordonnateur
du FRAPRU. Il ajoute que « le gouvernement a d’autres choix que de
bafouer les droits, dont celui de mettre fin aux privilèges fiscaux et
autres dont profitent les contribuables mieux nantis et les grandes
entreprises ».
C’est aussi pour s’opposer à la redéfinition sournoise du rôle de l’État
à laquelle se livre présentement le gouvernement Couillard que le
FRAPRU et ses groupes membres à travers le Québec fermeront leurs portes
et cesseront leurs activités régulières, le 1er mai
prochain, lors d’une grève sociale à laquelle sont conviées de
nombreuses autres organisations communautaires, syndicales, féministes
ou écologistes.
Les partis fédéraux sur la sellette
Le FRAPRU multipliera finalement les interventions auprès des partis
fédéraux, y compris par des actions directes, afin qu’ils prennent, sans
plus tarder, des engagements électoraux contraignants en faveur du
financement de nouveaux logements sociaux et de la poursuite des
subventions qu’Ottawa verse depuis des décennies à 566 000 logements sociaux existants au Canada, dont 125 500 au Québec.
La situation est d’autant plus urgente sur ce dernier dossier que 25 000
logements sociaux, dont 2000 logements coopératifs du Québec, perdront,
dès cette année, les subventions à long terme qui leur permettent de
réduire le loyer des locataires à plus faible revenu qui résident dans
une grande partie de ces logements. À défaut de quoi, la fin de ces
subventions se soldera par des hausses de loyer pouvant atteindre 200 $ et
même 300 $ par mois. « Il manque cruellement de logements sociaux. Il
est donc hors de question d’en perdre ou d’accepter qu’ils soient moins
accessibles que par le passé pour les personnes et les familles qui y
demeurent présentement et pour toutes celles qui en auront besoin à
l’avenir », conclut François Saillant.
SOURCE Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
Renseignements : François Saillant, (514) 919-2843, (514) 522-1010; Marie-José Corriveau, (514) 708-1050, (514) 522-1010; www.frapru.qc.ca. @FRAPRU
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