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Communiqué

Montréal, le 3 déc. 2014 – Le Gouvernement du Québec, par
l’intermédiaire du CHUM, s’apprête à brader au secteur privé un pavillon
excédentaire de l’Hôpital Notre-Dame, le
Pavillon L-C Simard, situé dans un quartier défavorisé de Montréal, où
les besoins en logements sociaux et communautaire  pour familles sont
criants. Dans le cadre de la construction du nouveau CHUM et en vue
d’objectifs financiers surestimés, le gouvernement a mandaté récemment
un courtier immobilier afin de vendre au plus offrant, par appel
d’offres public, les pavillons excédentaires J-A DeSève et L-C Simard de
l’Hôpital Notre-Dame. Le pavillon L-C
Simard, ancien édifice à appartements construit à la veille de l’Expo
67, converti par la suite en centre de recherche public, se prête donc
bien à une reconversion en projet d’habitation pour familles.


Ces pavillons sont situés à la limite du quartier Sainte-Marie,
auquel s’applique un programme de « Revitalisation urbaine intégrée 
(RUI) ». Financé conjointement par le Gouvernement du Québec et la Ville
de Montréal, ce programme vise à lutter contre la pauvreté et
l’exclusion sociale. L’ensemble des acteurs du milieu priorisent, depuis
maintenant plusieurs années, le développement de logements pour
familles dans ce secteur. En effet, celles-ci désertent en grand nombre
les quartiers centraux de Montréal, faute de logements abordables de
dimensions adéquates. Entre 2006 et 2011, le quartier Sainte-Marie
a ainsi vu le nombre de familles avec enfants sur son territoire fondre
de près de 15%, alors qu’on assistait parallèlement à une augmentation
de près de 10% du nombre total de ménages dans l’arrondissement de Ville-Marie. Cet exode des familles menace même à terme la survie des dernières écoles publiques de l’arrondissement.


Selon Éric Michaud, porte-parole du Comité logement Ville-Marie, et membre de la Coalition Sauvons les 5 sites hospitaliers:
«  Nous revendiquons ce site depuis maintenant plus de huit ans et
avons travaillé plusieurs années en concertation avec le CHUM, la Ville
de Montréal, la Société d’habitation et de développement de Montréal
(SHDM) et des groupes de ressources techniques (Atelier habitation
Montréal et Groupe CDH) afin d’évaluer les possibilités de développer
des projets d’habitation qui répondent à la fois aux besoins des
familles défavorisées du quartier et à ceux des travailleurs du CHUM.
Dans cette perspective, le Groupe d’experts, mis en place en 2013 par le
Gouvernement du Québec afin de le conseiller sur la meilleure façon de
disposer des immeubles excédentaires du CHUM et du CUSM, avait
recommandé au gouvernement de négocier de gré à gré avec la SHDM pour la
vente de ces immeubles. Nous sommes donc surpris que le Gouvernement du
Québec ait plutôt décidé de favoriser le secteur privé, ouvrant ainsi
la porte à la spéculation immobilière, plutôt que de permettre le
développement sur ces sites de projets d’habitation répondant aux
besoins en logement des familles à faible et modeste revenu du quartier.
Le Gouvernement prend ainsi des décisions complètement incompatibles
avec les besoins du milieu et les orientations qui se dégagent de
l’implantation de ses propres programmes, en particulier, la RUI. »


L’arrivée du CHUM sur le site de l’Hôpital Saint-Luc
constitue un investissement public majeur qui a bien sûr pour effet de
consolider l’est du centre-ville de Montréal. Toutefois, ce nouveau CHUM
vient exercer une pression à la hausse importante sur les valeurs
foncières et, par conséquent, chasse de leur quartier bon nombre de
résidents à faible revenu. En 2011, lors de son analyse du Projet
particulier d’urbanisme (PPU) du quartier Sainte-Marie, présenté par l’arrondissement de Ville-Marie,
l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) avait d’ailleurs
fait valoir dans ses conclusions qu’il ne fallait pas « éluder la
question centrale du maintien en place de la population existante,
souvent défavorisée, dans le contexte d’une stimulation du marché
immobilier générée notamment par l’arrivée d’investissements publics
dans la rénovation urbaine. »


M. Michaud conclut : « Nous estimons que le CHUM a le devoir, à titre de
citoyen corporatif exemplaire, d’utiliser ses bâtiments excédentaires,
et plus particulièrement le Pavillon L-C Simard, comme levier afin de
contribuer au développement social du quartier Sainte-Marie,
et ainsi minimiser les impacts négatifs de son arrivée dans le
quartier. Nous demandons donc au Gouvernement du Québec de refaire ses
devoirs, de ne pas lancer le processus d’appel d’offres en préparation
et de négocier directement avec les organismes communautaires du
quartier Sainte-Marie afin de répondre aux besoins de la population. »


 



SOURCE Comité logement Ville-Marie


Renseignements : Éric Michaud, (514) 521-9780, (514) 710-5992

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