Le mercredi 26 novembre 2014
Nouvelles données sur le tabac chez les jeunes Québécois: Baisse du tabagisme, popularité des produits aromatisés et croissance de l’usage de la cigarette électronique
Montréal, le 25 nov. 2014 – La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac accueille avec optimisme et prudence les nouveaux résultats de l’Enquête québécoise sur le tabac, l’alcool, la drogue et le jeu chez les élèves du secondaire (ETADJES) de l’Institut de la statistique du Québec, qui ont été publiés ce matin et qui indiquent un progrès significatif quant au tabagisme chez les jeunes Québécois.
« Chaque pas dans la direction de la réduction du
tabagisme est une bonne nouvelle, surtout chez les jeune, mais il est
nécessaire de regarder l’ensemble des données probantes. Puisque
l’intervalle entre les deux dernières publications de cette enquête est
de 5 ans, et il est difficile de déceler la tendance en fonction des
résultats d’une seule année. En attendant, nous accueillons ces
nouvelles données positivement, » déclare la docteure Geneviève Bois, porte-parole de la Coalition.
La Coalition s’inquiète par contre de la hausse de l’usage de la cigarette électronique chez les jeunes que constate l’ETADJES,
un nouveau phénomène qui doit être suivi de près. En effet, selon
l’enquête, 28 % des élèves du secondaire ont déjà essayé la cigarette
électronique et 20 % des jeunes n’ayant jamais fumé la cigarette ont
utilisé la cigarette électronique. « Cela nous rappelle l’urgence
d’agir afin d’implanter un cadre réglementaire minimal pour minimiser
l’attrait de la cigarette électronique par des enfants et adolescents, » précise Dre Bois.
« Le tabagisme est un phénomène complexe, et chaque étude a ses
limitations : certaines données semblent plus basses ou élevées dans
l’ETADJES que dans d’autres études à des intervalles communs. Il faut
donc, comme à l’accoutumée, interpréter ces nouvelles données avec
précaution, » clarifie Dre Bois. Par exemple, l’Enquête sur le tabagisme chez les jeunes (ETJ)
de 2012-13 évalue à 9 % la proportion des élèves du secondaire au
Québec qui déclarent avoir fumé la cigarette au cours des 30 derniers
jours, et 14 % ayant consommé un produit du tabac (cigarettes, cigares,
chicha, etc.), ce qui est plus élevé que les taux de 6 et 12 % constatés
par l’ETADJES.
« Or, dans presque toutes les études, l’importance de
l’expérimentation via les produits aromatisés est constatée, de même que
la diversité de produits du tabac utilisés, soit pas seulement la
cigarette. L’ETJ chiffre à 58 % la proportion de jeunes ayant utilisé du
tabac et qui ont consommé un produit aromatisé, alors que l’ETADJES
chiffre cette proportion à 71 %. Dans les deux cas, cela démontre le
rôle déterminant de l’aromatisation dans l’initiation au tabagisme, » ajoute Dre Bois.
La proportion des élèves ayant fait usage de la cigarette au menthol
s’élève à 26 % chez les fumeurs de cigarettes dans cette enquête, et à
30 % dans l’ETJ. « Cela souligne la nécessité
d’interdire l’aromatisation de tous les produits du tabac,
particulièrement contre le menthol qui est de loin la saveur la plus
populaire auprès des jeunes. »
« Bien que nous nous réjouissions de ces données, il faut s’assurer
de deux choses : d’une part, que ces baisses se confirment et se
maintiennent et ensuite, qu’elles s’accélèrent. Nous ne pouvons pas nous
contenter d’un taux de tabagisme de 12 % (ETADJES) ou de 20 % (ETJ)
chez les jeunes. Pour les enfants et les adolescents, c’est zéro
tabagisme qu’il faut viser. » La Coalition a d’ailleurs lancé
la semaine dernière la campagne « 10 dans 10 », endossée par plus de 50
groupes de santé et appuyée par les trois partis d’opposition à
l’Assemblée nationale, qui suggère au gouvernement l’objectif de 10 % de
prévalence du tabagisme dans la population d’ici 10 ans. Le taux de
tabagisme au Québec se situe actuellement à 21,4 % pour l’année 2013. « Pour ce faire, il faut continuer de mettre en place des mesures efficaces, comme celles au niveau de l’emballage, des saveurs et du prix, » dit Dre Bois.
Facteurs influençant le tabagisme chez les jeunes
Le tabagisme chez les jeunes est influencé par de multiples facteurs: le
prix, l’environnement familial et les pairs, les campagnes de
prévention, la réglementation sur la consommation, etc. Plusieurs de ces
facteurs ont contribué à cette baisse par rapport à 2008. « Nous
avons eu plus d’une augmentation des taxes au Québec depuis la dernière
enquête, et cela fait partie des facteurs ayant un impact sur le
tabagisme chez les jeunes, » poursuit Dre Bois. « Les jeunes sont plus particulièrement sensibles au prix du fait de leurs moyens financiers limités. »
« D’autres facteurs ont sûrement joué un rôle aussi, dont
l’interdiction des étalages de produits dans les dépanneurs à travers la
province, entrée en vigueur en 2008, ainsi que les nouvelles mises en
garde fédérales qui couvrent 75 % du paquet depuis le début de 2012. Ce
sont différentes mesures qui influencent, directement ou indirectement,
le pouvoir d’attraction des produits du tabac pour les jeunes, et pour
lesquelles nous pouvons constater les effets à court et moyen termes, » observe Dre Bois.
Rappelons qu’entre 2005 et 2012, le taux
global de tabagisme au Québec est resté inchangé, ce qui veut dire que
pour chaque fumeur décédé ou qui a cessé, un jeune est venu le
remplacer, en moyenne à l’âge de 13,3 ans selon la plus récente édition
de l’ETADJES. « L’Australie a connu une baisse sans précédent du tabagisme général, passant de 15,1 % à 12,8 % entre 2010 et
2013 grâce à l’emballage neutre et standardisé, et l’âge d’initiation
au tabagisme a aussi augmenté de 14,2 à 15,9 ans pendant la même
période. Nous nous réjouissons des progrès encourus au Québec, mais nous
pouvons clairement faire mieux en apprenant des meilleures pratiques
internationales », conclut Dre Bois.
Fondée en 1996, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac
représente quelque 470 organisations québécoises — associations
médicales, ordres professionnels, municipalités, hôpitaux, écoles,
commissions scolaires, etc. — qui appuient une série de mesures
destinées à réduire le tabagisme et ses conséquences. Ses principaux
objectifs incluent prévenir l’initiation au tabagisme, favoriser
l’abandon, protéger les non-fumeurs contre la fumée secondaire et
obtenir un cadre législatif qui reflète la nature néfaste et
toxicomanogène du tabac.
Pour consulter la version complète du communiqué, incluant les références, cliquez ici :
http://www.cqct.qc.ca/Communiques_docs/2014/PRSS_14_11_25_Reactions_ETADJES_2013.pdf
SOURCE Coalition québécoise pour le contrôle du tabac
Renseignements : Entrevues et information : Dre Geneviève Bois, 514-602-2508 (cell.)
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