Le vendredi 7 novembre 2014
18 000 personnes demandent au premier ministre Couillard d’interdire les pesticides néonicotinoïdes dès maintenant
Montréal, 6 novembre 2014 – Équiterre et la
Fondation David Suzuki ont posté aujourd’hui au premier ministre
Couillard 18 000 lettres de citoyens lui demandant d’interdire la vente
et l’usage des pesticides néonicotinoïdes.
Équiterre a fait cette annonce dans le cadre d’un midi-conférence
lors duquel le Dr Jean Zigby et la chercheuse Madeleine Chagnon
présentaient l’état des plus récentes connaissances quant à l’impact
des pesticides néonicotinoïdes sur l’environnement et la santé.
Chercheurs et intervenants des milieux de la santé publique, de
l’agriculture, des municipalités et de l’environnement étaient réunis à
Longueuil pour l’occasion.
« Le Gouvernement de M. Couillard doit interdire dans les plus brefs
délais ces pesticides dangereux. La science est claire. Il existe des
solutions de rechange, et comme les agriculteurs doivent planifier dès
maintenant leurs cultures, ils doivent savoir sur quel pied danser », a
indiqué Sidney Ribaux, directeur général d’Équiterre.
L’usage des néonics est très répandu au Canada, principalement en
agriculture pour l’enrobage des semences de maïs et de soya – des
productions importantes au Québec –, comme insecticide foliaire, et
également sur les pelouses, entre autres usages. L’Agence de
règlementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada
indique que les néonics utilisés sur les semences de maïs ont contribué
aux mortalités d’abeilles observées au Québec et en Ontario. Rappelons
que les abeilles – ces importantes pollinisatrices, de qui dépendent 70 %
de nos cultures et 35 % de notre production alimentaire – connaissent
des taux de mortalité alarmants durant la période des semis, et les
pesticides néonicotinoïdes utilisés pour traiter les semences de maïs
sont directement impliqués dans ce déclin.
Madeleine Chagnon est membre du Groupe de travail sur les pesticides
systémiques réunissant 50 scientifiques indépendants de par le monde, et
elle est co-auteure d’une méta-analyse sans précédent sur l’impact des
pesticides néonicotinoïdes sur l’environnement. Basée sur l’étude de 800
publications, cette méta-analyse fait état d’un risque élevé non
seulement pour la santé des abeilles, mais également pour un grand
nombre d’espèces utiles, dont les papillons, les vers de terre et les
oiseaux. De plus, ils affectent une grande diversité d’invertébrés
bénéfiques, en contaminant les sols, la végétation, les eaux
souterraines et de surface et les habitats aquatiques et marins. « En
tant que scientifiques indépendants, nous pouvons maintenant dire qu’il
existe suffisamment de preuves évidentes de préjudices pour instaurer
des mesures règlementaires », a expliqué Mme Chagnon.
Pour le Dr Jean Zigby, président de l’Association canadienne des
médecins pour l’environnement, l’exposition aux néonicotinoïdes par le
biais des aliments et de l’eau soulève des préoccupations en matière de
santé publique. « Les abeilles ne sont probablement pas les seules
victimes : les néonicotinoïdes pourraient également affecter le cerveau
humain et le système nerveux, selon ce que des recherches récentes
laissent soupçonner. L’application du principe de précaution s’impose »,
a-t-il déclaré. En effet, selon l’Autorité européenne de sécurité des
aliments, ces substances neurotoxiques peuvent potentiellement affecter
le développement du système nerveux humain, et certaines sont reconnues
comme pouvant éventuellement perturber le système hormonal.
« Les néonicotinoïdes persistent longtemps dans les sols, se
lessivent et se retrouvent dans nos cours d’eau. Nous sommes inquiets de
leur usage à grande échelle et des impacts qu’ils peuvent avoir sur la
santé humaine et sur les écosystèmes », a renchéri Nadine Bachand,
chargée de projet Choix collectifs, agriculture et pesticides chez
Équiterre.
– 30 –
Pour répondre à l’appel dès aujourd’hui : http://www.action.equiterre.org/
Pour plus de renseignements :
Nadine Bachand, chargée de projet Choix collectifs, agriculture et pesticides, Équiterre
514 213-3287
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