Le jeudi 25 septembre 2014
À Québec, la hausse des loyers a appauvri les plus pauvres, estime le FRAPRU
Québec, le 24 septembre 2014 – « Même si la ville
de Québec vit, depuis plusieurs années, une embellie économique, la
forte augmentation des loyers y a aggravé le sort des ménages qui
consacraient déjà une proportion beaucoup trop importante de leur revenu
au logement ». C’est ce qu’a affirmé François Saillant, coordonnateur
du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), lors de la
présentation à Québec des données locales du Dossier noir sur le logement et la pauvreté publié par l’organisme.
Le Dossier, qui utilise des chiffres, souvent inédits, provenant de l’Enquête nationale auprès des ménages, menée
par Statistique Canada, révèle que le loyer médian était de 655 $ par
mois à Québec, en 2011. Il s’agit d’une hausse de 15 % par rapport à
2006. Ce pourcentage est de loin supérieur à la progression de l’Indice
des prix à la consommation qui a été de 9 %. Le FRAPRU estime que seul
l’accroissement de 14 % du revenu médian des locataires a permis
d’éviter l’explosion du nombre de ménages payant plus que la norme de 30
% de leur revenu en loyer. Ce chiffre est resté plutôt stable à 39 495
dont 18 480 qui y consacrent plus de 50 %.
C’est le nombre de ménages locataires y engloutissant plus de 80 %
qui a explosé, souligne le FRAPRU. Il est en effet passé de 7030 en 2006
à 8440 en 2011, pour une augmentation de pas moins de 20 %. Selon
François Saillant, « ce sont les ménages les plus pauvres, ceux qui
n’ont pas profité de la croissance économique, qui ont été affectés les
plus durement par la hausse des loyers, de sorte qu’ils sont maintenant
plus nombreux à vivre une situation aussi extrême que de verser les 4/5
de leur revenu uniquement pour se loger ».
Le FRAPRU ajoute que le coût moyen du
logement a augmenté de 6 % additionnels à Québec, au cours des trois
dernières années, selon les Rapports sur le marché locatif publiés à
chaque printemps par la Société canadienne d’hypothèques et de logement.
Il considère que toutes ces augmentations, favorisées par une sévère
pénurie de logements locatifs, ont modifié durablement le marché du
logement et qu’un plus grand nombre de locataires risque d’en subir les
effets, lorsque la situation économique de Québec sera moins favorable.
Les plus durement affectés
Un examen plus approfondi des données révèle que certaines catégories
de locataires sont davantage à risque que les autres. Véronique
Laflamme, organisatrice du FRAPRU à Québec, estime que « les chiffres de
2011 montrent notamment jusqu’à quel point les problèmes de logement et
de pauvreté demeurent majoritairement féminins à Québec ». La
proportion de locataires consacrant plus de 30 % de leur revenu au
logement est de 39 % chez les femmes contre 30 % chez les hommes. Les
femmes sont aussi beaucoup plus nombreuses à y engloutir plus de 50 % et
de 80 % de leur revenu. Mme Laflamme précise qu’en 2011, le revenu
médian des femmes locataires était inférieur de 7600 $ à celui des
hommes.
Les personnes seules, qui comptent maintenant pour 56 % des ménages
locataires de Québec, vivent également des problèmes de logement dans
une plus grande proportion que les autres genres de ménages. Ainsi, 23 %
de ces personnes paient plus de la moitié de leur revenu en loyer,
alors que ce pourcentage est de 16 % chez l’ensemble des locataires.
En termes d’âge, ce sont les ménages dont le principal soutien
financier a 75 ans et plus qui sont proportionnellement plus nombreux à
payer plus de 30 % de leur revenu au logement. Non seulement leur revenu
est-il inférieur à celui des autres locataires, mais ils paient des
loyers beaucoup plus élevés. Toutefois, c’est chez les ménages de 15 à
24 ans que se retrouvent les plus forts pourcentages de locataires
versant un pourcentage encore plus élevé de leur revenu en loyer. Ainsi,
ils sont 14 % à y engloutir plus de 80 % de leur revenu, alors que ce
pourcentage est de 7 % chez l’ensemble des locataires de Québec.
Le FRAPRU en campagne
La tournée organisée autour du Dossier noir s’inscrit dans une
campagne que le FRAPRU mènera en 2014-2015, sous le thème « Le logement,
un droit ». La campagne comprendra aussi plusieurs actions et
manifestations visant les gouvernements supérieurs. L’examen des
dépenses auxquels se livre présentement le gouvernement Couillard
inquiète particulièrement le FRAPRU. Selon Véronique Laflamme, « il ne
saurait être question de couper dans le logement social ou dans les
autres programmes de lutte à la pauvreté alors que les besoins sont
aussi flagrants ». Elle ajoute que « c’est plutôt aux riches et aux
grandes compagnies de payer une plus juste part d’impôt ». Le FRAPRU
estime que l’ampleur des problèmes de logement nécessite le financement
de 50 000 nouveaux logements sociaux en cinq ans au Québec, dont 4000
qui pourraient se réaliser à Québec même.
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