Le lundi 2 juin 2014
Le transport et traitement du pétrole brut des sables bitumineux auront des retombées minimes pour le Québec
Montréal, 2 juin 2014 – The Goodman Group
Ltd., un cabinet d’experts-conseils en énergie et économie, en
collaboration avec Greenpeace et Équiterre, rendent publique une analyse
critique des retombées économiques pour le Québec du passage et
traitement des sables bitumineux de l’Alberta, promues par les
promoteurs de industrie pétrolière. Le rapport « Transport et traitement
du pétrole brut des sables bitumineux au Québec : enjeux économiques »
avance des retombées négligeables pour le Québec et déconstruit
plusieurs mythes par rapport à l’industrie.
Le rapport établit que le secteur du pétrole brut contribue
actuellement à 0,50 % (ou moins) de l’ensemble de l’économie du Québec
et à 0,30 % (ou moins) de tous les emplois de cette province. Or, si
tous les projets reliés aux sables bitumineux proposés pour le Québec
étaient approuvés, leur apport économique relatif aux activités
d’exploitation serait négligeable. En effet, l’ensemble du secteur du
pétrole brut continuerait probablement de contribuer à environ 0,50 %
(ou moins) de l’ensemble de l’économie et à 0,30 % (ou moins) de tous
les emplois de cette province.
L’industrie favorise les oléoducs comme moyen de transport parce
qu’ils ne coûtent pas cher et ne sont pas intenses point de vue de la
main d’oeuvre. Voilà pourquoi leur apport économique est tellement
négligeable. Effectivement, chaque million de dollars investi dans les
projets de construction d’oléoducs et d’amélioration des raffineries se
traduit par la création d’environ huit années- personnes de travail au
Québec. À titre comparatif, pour le même montant investi dans la
construction d’installations d’énergie verte, 15 emplois sont créés.
Contrairement aux effets économiques minimes, un déversement
d’oléoduc peut avoir des impacts énormes sur l’environnement, les cours
d’eau, la société humaine et la sécurité publique, tel que démontré à la
rivière Kalamazoo, au Michigan en 2011 et par l’explosion tragique de
décembre 2013 à Qingdao en Chine. « Le Québec se retrouvera à assumer la
presque totalité des risques et des coûts engendrés par les
déversements et les autres impacts environnementaux, sans que les gains
économiques viennent compenser ceux-ci », affirme Brigid Rowan,
économiste sénior du Goodman Group, Ltd et co-auteure du rapport.
« L’accroissement de la production des sables bitumineux liée au
projet Énergie Est de TransCanada augmentera nos émissions de gaz à
effet de serre de 32 millions de tonnes par année soit l’équivalent de 7
millions de voiture par année», déplore Steven Guilbeault d’Équiterre. «
Il est plus que temps que nos gouvernements agissent pour protéger les
Canadiens des impacts des changements climatiques en contraignant
l’expansion des sables bitumineux», poursuit-il.
Une fois de plus, un rapport économique sous-tend l’urgence pour le
Québec de refuser les projets de pipeline proposés. « Le Québec
compromet son sain développement économique tout en assumant la
quasi-totalité des risques, en allant de l’avant avec ces projets. Il
doit se doter d’une vision énergétique durable, en misant sur
l’efficacité énergétique, les investissements dans les énergies
renouvelables, le transport en commun et l’électrification des
transports. Non seulement les investissements dans les énergies propres
permettraient au Québec de réduire les externalités négatives sur les
plans de l’environnement et du risque, mais lui permettraient également
de récolter des bénéfices plus importants et plus durables sur le plan
du développement économique », souligne Ian Goodman, Président du
Goodman Group, Ltd. et co-auteur du rapport.
« Si le renversement de la ligne 9B d’Enbridge va de l’avant, nous
verrons pour la première fois des quantités importantes de pétrole des
sables bitumineux arriver au Québec. Le Québec a un rôle-clé à jouer au
Canada, car s’il refuse les projets de pipelines, il pourra contraindre
l’expansion des sables bitumineux et laisser plus de temps et de place
pour l’émergence des alternatives vertes. Le Québec a également tout à
perdre avec le projet de pipeline Énergie Est qui servirait
presqu’exclusivement à exporter dans d’autres pays d’énormes quantités
de pétrole sale des sables bitumineux », explique Patrick Bonin de
Greenpeace Canada.
Pour télécharger le rapport : http://www.equiterre.org/publication/transport-et-traitement-du-petrole-brut-des-sables-bitumineux-au-quebec-enjeux-economiqu
À propos des auteurs :
Les économistes en énergie Ian Goodman et Brigid Rowan ont démontré
aux médias américains et à l’administration Obama que les bénéfices
économiques et le nombre d’emplois provenant de Keystone XL ont été
grandement exagérés par les promoteurs du projet. Dans le présent
rapport, ils déconstruisent des mythes semblables concernant les
bénéfices économiques pour le Québec des projets reliés aux sables
bitumineux dans cette province et examine pourquoi ces bénéfices sont
négligeables en comparaison des risques et des coûts potentiels. Basée à
Ottawa et Montréal, Brigid Rowan, économiste sénior en énergie du
Goodman Group, Ltd., possède plus de 20 ans d’expérience dans le domaine
de l’énergie et de la réglementation économique. Ian Goodman, président
et fondateur du The Goodman Group, Ltd. basé aux États-Unis, a réalisé
des études et consultations sur la réglementation de l’énergie et en
économie depuis plus de 35 ans à travers l’Amérique du Nord.
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