Le jeudi 22 mai 2014
Budget provincial 2014-2015 : Un front commun d’organismes réclame une hausse de la taxe provinciale sur le tabac
MONTRÉAL, le 22 mai 2014 – Une vingtaine d’organismes de santé et de bien-être québécois réclament du gouvernement libéral une
hausse de 79 ¢ le paquet de 20 cigarettes de la taxe provinciale sur le
tabac dans le cadre du prochain budget provincial. Cette mesure fait
partie de quatre demandes spécifiques adressées au ministre des Finances
et endossées par un éventail de groupes préoccupés par la santé
publique, en particulier par l’échec des politiques actuelles à protéger
les jeunes contre les stratégies toujours aussi astucieuses des
fabricants du tabac.
(Pour obtenir le communiqué en PDF qui contient toutes les références : http://bit.ly/1n0nWix)
« Le tabac constitue la première cause de maladies et de décès
évitables, tuant plus de 10 400 Québécois et Québécoises chaque année.
Le constat comme quoi la prévalence du tabagisme a peu bougé depuis
2006, étant figée autour de 24 %, est catastrophique. Cela signifie que
chaque fumeur qui décède ou qui parvient à arrêter est remplacé par un
nouveau fumeur, » déplore Flory Doucas, porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac. « C’est
pourquoi il est essentiel que la lutte antitabac soit reflétée dans
l’ensemble des décisions gouvernementales, y compris les politiques
fiscales, » ajoute Mme Doucas.
En effet, le tabagisme représente aussi un enjeu majeur pour les
finances publiques, générant des coûts directs et indirects de
4 milliards $ par année au Québec, dont plus d’un milliard $ en coûts de
soins de santé. (Le budget 2013-2014 du Québec estime les coûts de
santé à 1,6 milliard $ par an.) Le fardeau du tabac sur le système de
santé est particulièrement colossal, accaparant le tiers des coûts pour
les séjours hospitaliers.
Les quatre demandes acheminées au ministre des Finances dans le cadre des consultations prébudgétaires par le biais d’une lettre de 12 pages de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac ont été endossées par l’ensemble des groupes énumérés ci-dessous:
Lettre au ministre des Finances : |
Quatre demandes en lien avec le budget : |
|
Endossées par : |
|
Malgré la hausse de novembre 2012, le Québec demeure la province avec
les taxes les moins élevées au Canada : 25,80 $ pour une cartouche (200
cigarettes), comparativement à 66,12 $ au Manitoba. Les taxes manitobaines représentent deux fois et demie les taxes québécoises. La
Coalition et ses partenaires réclament une hausse de 7,87 $ la
cartouche de 200 cigarettes (soit 79 ¢ le paquet de 20 ou 98 ¢ le paquet
de 25 cigarettes) de façon à rejoindre le taux de l’Ontario, deuxième plus bas au pays après le Québec.
Thématique de l’OMS
La hausse de ces taxes constitue
l’une des mesures les plus efficaces pour diminuer l’incidence du
tabagisme, tout en étant la plus rentable. L’Organisation mondiale de la Santé recommande
fortement l’augmentation des taxes pour lutter contre le tabagisme —
elle en a justement fait sa thématique pour la Journée mondiale sans
tabac de cette année, le 31 mai prochain. En fait, selon la Banque mondiale,
une augmentation de 10 % du prix des cigarettes fait baisser la demande
d’environ 4 % dans les pays à revenu élevé. Les jeunes sont
particulièrement sensibles aux prix, ayant des revenus disponibles
limités. L’augmentation progressive des taxes est d’autant plus
importante que contrairement à ce que laissent entendre l’industrie du
tabac et ses alliés, les jeunes fumeurs de cigarettes sont, à forte
majorité, des clients des grands cigarettiers et non des fumeurs de
produits de contrebande et, ce, même au moment où la contrebande
atteignait des sommets.
Basés sur des indices d’élasticité tirés d’études portant sur des pays à revenu élevé comme le Canada
et présumant d’un taux de contrebande stable à 15 %, la Coalition
calcule qu’une hausse de la taxe provinciale sur le tabac de 7,87 $ la
cartouche engendrerait des revenus supplémentaires récurrents de l’ordre
de 250 millions $ par année, en plus de résulter en 35 000 fumeurs en
moins.
Crier au loup … comme d’habitude
Comme toujours, les porte-étendard de l’industrie du tabac — notamment l’Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA) et sa créature la Coalition nationale contre le tabac de contrebande (CNCTC)
— ont déjà réagi à la position des groupes de santé en présageant une
explosion de la contrebande, précisément ce qu’ils ont fait avant la
dernière hausse de novembre 2012.
Or, comme pour toutes les prédictions alarmistes émanant des groupes
alliés au commerce du tabac (disparition du Grand Prix et des festivals
d’été, émeutes au travail, fermetures de bars, de pharmacies et de
dépanneurs, etc.), il n’y a pas eu d’augmentation de la contrebande
depuis la derrière hausse de la taxe provinciale. Ceci est dû en grande
partie aux multiples mesures de répression de la contrebande déployées
par les autorités québécoises depuis 2008; c’est d’ailleurs la raison
pour laquelle les groupes réclament le maintien de ces interventions.
Comme l’a dit la Banque mondiale, « si la contrebande constitue
indéniablement un problème sérieux, (…) ce n’est pas en réduisant les
taxes ni en renonçant à les augmenter qu’il convient de réagir, mais en
réprimant la criminalité ».
« Devant la possibilité d’une hausse
de la taxe sur le tabac, il n’est pas surprenant d’entendre les groupes
ayant des liens étroits avec l’industrie brandir que cela provoquera la
croissance de la contrebande. Les marchands du tabac savent très
bien qu’une hausse de taxe représente pour eux une importante perte de
profits, puisque pour de nombreux fumeurs l’augmentation du prix
constitue la goutte qui fait déborder le vase les poussant vers de
sérieuses tentatives d’abandon. Les études confirment également que des
taxes élevées dissuadent une importante proportion d’adolescents de
s’initier au tabagisme, » conclut madame Doucas.
Fondée en 1996, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac
représente quelque 470 organisations québécoises — associations
médicales, ordres professionnels, municipalités, hôpitaux, écoles,
commissions scolaires, etc. — qui appuient une série de mesures
destinées à réduire le tabagisme et ses conséquences. Ses principaux
objectifs incluent prévenir l’initiation au tabagisme, favoriser
l’abandon, protéger les non-fumeurs contre la fumée secondaire et
obtenir un cadre législatif qui reflète la nature néfaste et
toxicomanogène du tabac.
Du même auteur
Dans le cadre de l’Année mondiale de l’astronomie
Communiqué
24 mars 2009
Budget provincial 2014-2015 : Un front commun d’organismes réclame une hausse de la taxe provinciale sur le tabac
Pour être davantage sensibilisé à la saine alimentation
Communiqué
31 mars 2009
Budget provincial 2014-2015 : Un front commun d’organismes réclame une hausse de la taxe provinciale sur le tabac
4 québécois sur 5 croient qu’une personne atteinte de schizophrénie ne peut pas vivre au sein de la communauté
Communiqué
1 avril 2009
Budget provincial 2014-2015 : Un front commun d’organismes réclame une hausse de la taxe provinciale sur le tabac