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Communiqué

MONTRÉAL, le 15 mai 2014  – Après le rapport Perreault sur
l’affaire Villanueva, le rapport de la commission Ménard démontre une
fois de plus que l’usage de la force policière au Québec doit être revu.
Le rapport, même s’il ne va pas aussi loin que la Ligue des droits et
libertés (LDL) l’aurait souhaité, formule des recommandations que le
gouvernement ne peut ignorer.


La Commission Ménard confirme que des abus ont été commis par les forces
policières dans le cadre de la grève étudiante, comme l’avait montré le
rapport sur les violations de droits publié l’an dernier par la LDL, l’ASSÉ et l’AJP.


« La Commission rappelle au gouvernement ses obligations en matière de respect du droit de manifestation pacifique », constate Dominique Peschard,
président de la LDL. « Le rapport Ménard réitère que seules les
personnes ayant commis des infractions peuvent être interpelées et
qu’une manifestation pacifique ne doit pas être dispersée sur la base
d’actions isolés de perturbateurs », précise-t-il.


Selon la LDL, plusieurs recommandations proposées devraient être mises
en place rapidement. C’est le cas de la recommandation de suspendre
l’utilisation de l’article 500.1 du Code de la sécurité routière, dont
les forces policières ont fait un usage abusif, jusqu’à ce que les
tribunaux se prononcent sur sa constitutionnalité. Le gouvernement doit
aussi mettre en œuvre immédiatement les recommandations sur
l’utilisation d’armes dangereuses dans des opérations de contrôle de
foule, dont l’interdiction d’avoir recours aux grenades assourdissantes
et au bâton télescopique.


D’autres propositions apparaissent insuffisantes à la LDL, comme le
moratoire sur l’utilisation des balles de plastique comme arme de
contrôle de foule. « Depuis le Sommet des Amériques d’avril 2001, nous
maintenons que l’usage des balles de plastique est à proscrire
totalement dans le cadre de manifestations », affirme Dominique Peschard.


Enfin, la LDL, comme la Commission, demande au gouvernement de modifier
la Loi sur la police afin de doter le Bureau des enquêtes criminelles du
pouvoir « de déclencher, de sa propre initiative, une enquête, s’il
l’estime nécessaire, sur une série de gestes répréhensibles commises par
des policiers lors d’une manifestation ».


À propos de la Ligue des droits et libertés


La LDL est un organisme à but non lucratif, indépendant et non partisan,
issu de la société civile québécoise et affilié à la Fédération
internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH). Elle milite en
faveur de la défense et de la promotion de tous les droits humains
reconnus par la Charte internationale des droits de l’homme.

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