Le jeudi 15 mai 2014
Le Wapikoni mobile : 10 ans de médiation et d’intervention par la création audiovisuelle
MONTRÉAL, le 15 mai 2014 – Le Wapikoni mobile et l’Office national du film du Canada
(ONF) ont célébré hier un anniversaire important : dix ans de médiation
et d’intervention par la création audiovisuelle auprès de la jeunesse
autochtone. C’est sur les lieux même de son lancement en 2004 à l’ONF
que le Wapikoni a tenu à remercier chaleureusement ses partenaires et à
partager avec eux toutes les retombées de leur engagement. Manon Barbeau,
cofondatrice et directrice générale du Wapikoni, a également rendu
hommage à l’inspiratrice de cette belle aventure, Wapikoni Awashish,
avant d’annoncer le début de la 11e saison et le départ officiel, le jour même, des studios mobiles dans les communautés.
L’événement s’est déroulé en présence de Deborah Drisdell,
directrice générale, Accessibilité et entreprises numériques à l’ONF,
et d’André Picard, directeur général du Programme français de l’ONF de
2002 à 2004. Partenaire de la première heure, l’Office national du film a
encouragé le développement du Wapikoni et contribué à sa consolidation
en mettant à sa disposition plusieurs services professionnels.
« À l’ONF, nous sommes fiers d’avoir appuyé les débuts du Wapikoni
mobile, fidèles à notre mission d’incubateur de talents et de soutien à
l’innovation. Nous nous réjouissons de son 10e anniversaire
et de son développement exceptionnel. Wapikoni est même devenu un
exemple ailleurs dans le monde et fait ainsi connaître toute la richesse
et la diversité de la création des jeunes autochtones. Ce succès
remarquable se doit d’être souligné, ainsi que l’engagement constant de Manon Barbeau et de toute l’équipe », a affirmé Deborah Drisdell.
Aux côtés de Samian, porte-parole du Wapikoni, et de Kevin Papatie, réalisateur de la communauté anishnabe de Kitcisakik, Manon Barbeau
a rappelé la figure emblématique de Wapikoni Awashish, décédée dans un
accident de voiture en 2002. La jeune femme était sa proche
collaboratrice alors qu’elle scénarisait un long métrage avec des jeunes
de la communauté atikamekw de Wemotaci, près de La Tuque.
« C’était une leader rayonnante, pleine de vie et de projets pour sa
communauté. Qu’elle disparaisse alors que tant d’autres s’enlevaient la
vie à Wemotaci m’apparaissait
inconcevable. Le projet de film s’est arrêté et à la place nous avons
mis notre énergie à concevoir le Wapikoni mobile. » a déclaré Manon Barbeau.
Enfin, ce fut aussi l’occasion d’inaugurer un tout nouveau studio mobile
équipé des plus récentes technologies numériques. La roulotte et les
nouveaux équipements ont été acquis grâce à une aide aux immobilisations
du Ministère de la culture et des communications.
En dépit de coupes budgétaires sévères en 2011, le Wapikoni a su
traverser la tempête et en sortir plus fort. Dix ans après sa création,
la mission du Wapikoni ne cesse de s’élargir : formations pancanadiennes
visant à créer des ponts entre les jeunes des Premières Nations en Ontario, au Manitoba
et en Saskatchewan ; partenariats développés internationalement
permettant aux participants de tisser des liens avec leurs frères et
sœurs autochtones ailleurs dans le monde ; ateliers selon la
méthodologie du Wapikoni mobile au Chili et au Panama, et en Bolivie et au Pérou en collaboration avec OXFAM Québec et des partenaires locaux.
Le Wapikoni a rejoint plus de 3 000 jeunes participants de 9 nations et
de 25 communautés différentes. Ces jeunes ont réalisé plus de 600 courts
métrages et 450 pièces musicales. Leurs œuvres ont remporté 80 prix et
mentions dans de prestigieux festivals nationaux et internationaux. En
2012, le Wapikoni recevait à New York le prix Plural + Honorable Mention Award
de deux agences des Nations Unies : l’Alliance des civilisations des
Nations Unies et de l’Organisation internationale pour les migrations.
En complément des ateliers qu’il donne dans les communautés autochtones,
le Wapikoni a permis aux jeunes autochtones de sortir de leur cadre de
vie habituel et de développer leur « empowerment » et leur
« leadership » en les faisant participer à de nombreuses activités axées
sur la sensibilisation et les échanges intercommunautaires et
interculturels.
Fidèle à ses engagements, le Wapikoni compte encore et pour longtemps poursuivre sa mission auprès des communautés autochtones.
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