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Communiqué


À la suite de l’annonce par l’ancien gouvernement Marois de son
investissement de 115 millions $ pour le rachat partiel des permis
d’exploration des compagnies Pétrolia, Corridor Ressources et Junex sur
l’île d’Anticosti, le Parti Libéral a dénoncé le fait que le Québec se
lançait dans la « loto-pétrole » avec l’argent des Québécois. « Le
gouvernement Couillard doit suspendre immédiatement les activités de
forage prévues sur Anticosti et en Gaspésie, le temps de réaliser cet
examen public qui devrait se faire dans le cadre d’un BAPE générique »,
estime Claude Faucher, vice-président de la Centrale des syndicats
démocratiques (CSD).


Pour André Bélisle, président de l’Association québécoise de lutte
contre la pollution atmosphérique (AQLPA), « il importe que ce débat
soit accompagné d’un plan d’action cohérent et ambitieux de lutte aux
changements climatiques. Avec les nouvelles données du GIEC, ce plan
d’action doit être mis à jour et renforcé dans les plus brefs délais. »

« Le nouveau gouvernement, de concert avec la société québécoise, doit
tout mettre en œuvre pour réduire notre dépendance aux combustibles
fossiles et reprendre, au-delà des lignes partisanes, les idées fortes
que constituent l’électrification des transports et l’amélioration des
transports en commun », déclare pour sa part Patrick Bonin, responsable
de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace.


Selon Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation
David Suzuki, « alors que le gouvernement veut sabrer les dépenses
publiques et revoir l’ensemble des programmes de subventions aux
entreprises, il y a lieu de revoir l’investissement à haut risque de 115
millions $ de fonds publics sur Anticosti. Le gouvernement doit
également revoir toutes les subventions à l’exploration dont
bénéficieraient ces entreprises ».

« Ce débat doit comprendre une réflexion sur la relance de l’emploi et
sur les modèles de développement pour les régions du Québec. Les gens
d’Anticosti et de la Gaspésie doivent pouvoir diversifier leur économie
et penser leur développement à long terme, en se libérant du pétrole de
schiste notamment, et non pas en fonction d’une exploitation éphémère »,
affirme pour sa part Pierre Patry, trésorier de la Confédération des
syndicats nationaux (CSN).


« Les impacts potentiels sur les milieux naturels et au niveau global
sont majeurs. On doit prendre le temps de tenir une évaluation et un
examen en profondeur. Le gouvernement doit éviter l’improvisation et
suspendre les activités de forage prévues cet été, d’autant plus
qu’elles font l’objet de contestations juridiques, que ce soit à
Anticosti ou à Gaspé », ajoute Christian Simard, directeur général de
Nature Québec.

« Nous l’avons déjà dit et le répétons, le développement et
l’exploitation du sous-sol québécois doivent se faire dans le respect
des populations locales et de l’environnement, tout cela en recevant
notre juste part des redevances. Le nouveau gouvernement doit agir en
toute transparence », déclare Daniel Boyer, président de la Fédération
des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).


« Le Québec a atteint ses objectifs de réduction de GES de 6 % sous
les niveaux de 1990 en 2012. Les rapports des grandes institutions
internationales telles que le GIEC, la Banque mondiale ou encore le FMI
nous rappellent toutefois que nous devons faire plus en matière de lutte
aux changements climatiques et de réduction de notre dépendance au
pétrole », souligne pour sa part Steven Guilbeault, directeur principal
chez Équiterre.


« Quand le Québec a décidé de nationaliser l’électricité et
d’exploiter en priorité les ressources hydrauliques, cela s’est fait au
terme d’un grand débat démocratique où la population du Québec a eu le
dernier mot. On ne peut pas décider d’aller de l’avant dans la filière
pétrolière, à plus forte raison quand il s’agit de pétrole de schiste
comme à Anticosti, en faisant l’économie d’un grand débat démocratique
», déclare quant à lui Marc Nantel, premier vice-président de la
Centrale des syndicats du Québec (CSQ).


Les grandes centrales syndicales [Fédération des travailleurs et
travailleuses du Québec (FTQ), Confédération des syndicats nationaux
(CSN), Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et Centrale des syndicats
démocratiques (CSD)] et les groupes environnementaux [Association
québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA),
Équiterre, Fondation David Suzuki, Greenpeace et Nature Québec] se sont
unis pour interpeller le nouveau gouvernement Couillard sur cet enjeu de
première importance.

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