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Communiqué

MONTRÉAL, le 25 avril 2014  – Le rapport d’experts sur
l’état des finances publiques du Québec reste silencieux sur les
origines de la diminution des revenus de l’État et amplifie exagérément
la croissance des dépenses à prévoir. Ce biais amène les auteurs du
rapport à proposer des mesures qui vont aggraver les problèmes dénoncés.


« Le rapport constate une nouvelle diminution des revenus de l’État à
hauteur de 480 M$, mais ne souffle pas un mot sur ce qui explique ces
revenus inférieurs aux prévisions. Or, en juin dernier nous prévenions
le gouvernement que ses stratégies d’austérité en matière de contrôle
des dépenses auraient précisément cet effet en maintenant le Québec dans
le marasme économique. Le mélange entre l’endettement croissant des
ménages – causé par la stagnation des salaires – et la stagnation
économique est toxique pour le Québec. MM. Leitão, Godbout
et Montmarquette s’entêtent, tout comme M. Marceau auparavant, à
continuer dans la même voie néfaste qui étouffe l’économie. Le rapport
publié aujourd’hui cite le Fonds Monétaire International. Pourtant,
depuis des mois, celui-ci exhorte les différents pays du monde à
s’abstenir de faire davantage appel à l’austérité. »
constate Simon Tremblay-Pepin, chercheur à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).


« Leur analyse noircit inutilement le portrait. Ils annoncent un trou
important de 3,2 G$ pour 2014-2015 en se fondant uniquement sur les
coûts de reconduction des programmes. Or, ils admettent d’emblée que
depuis les trois dernières années, les dépenses réelles sont en deçà des
coûts de reconduction. En lançant des chiffres de cette ampleur, ils
alimentent un catastrophisme qui nuit à la compréhension de la situation
budgétaire du Québec »,
souligne Eve-Lyne Couturier, chercheure à l’IRIS.


« Évidemment, les solutions sont à l’avenant. Les mêmes propositions
qu’on entend sans cesse depuis 2010 sont ramenées ici : compressions
budgétaires, hausse des tarifs, diminution des impôts. MM. Godbout
et Montmarquette invitent même à une privatisation partielle
d’Hydro-Québec ou de la SAQ. Toutes ces options perpétueraient le
marasme économique, ce qui ferait encore diminuer les entrées de revenus
et continuerait à nous garder prisonniers de la logique
d’austérité-stagnation. Au contraire, une politique publique qui
s’attaque aux problèmes réels du Québec s’assurerait de combattre la
crise climatique par d’importants investissements dans la transition
écologique, ce qui aurait aussi pour effet de stimuler l’économie et
d’équilibrer le budget de l’État.  
» conclut Simon Tremblay-Pepin.

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