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Communiqué

MONTRÉAL, 16 avril 2014 – Si
Postes Canada était privatisé comme certains le suggèrent, les
Canadien-nes ne bénéficieraient pas d’une baisse de prix, mais
obtiendraient plutôt de moins bons services. C’est ce que montre une
note de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques
(IRIS) publiée aujourd’hui. Le document propose également des
alternatives à cette privatisation.

« Voilà plusieurs années que divers pays européens
se sont lancés dans une privatisation ou une libéralisation de leurs
services postaux. Nous pouvons ainsi nous baser sur ce qui s’est passé
là-bas pour comprendre ce qui pourrait arriver ici si nous suivons l’une
de ces voies. La première chose que l’on constate dans le marché des
postes européen, c’est que ce qui importe pour les consommateurs et
consommatrices n’a pas beaucoup changé : ils continuent d’utiliser à
plus de 90% les services des entreprises qui formaient les anciens
monopoles et ils n’ont pas connu d’importantes variations du prix du
timbre, ni à la hausse ni à la baisse. »
constate Simon Tremblay-Pepin, co-auteur de la note.

La note se penche sur les autres avantages et inconvénients d’une arrivée de la concurrence.

« L’avantage le plus important, c’est le prix du
gros. Les entreprises ou organisations qui font beaucoup d’envois
pourraient obtenir des réductions de prix. En contrepartie, la majorité
des Canadien-nes verront réduire le nombre de bureaux de poste et de
boîtes postales. De plus, il est également fort probable, à la lumière
des expériences européennes, que le gouvernement doive se résoudre à
subventionner les services postaux privés s’il souhaite qu’ils soient
universels. Au final, de notre point de vue, les inconvénients dépassent
les maigres avantages d’une privatisation. »,
souligne Simon Tremblay-Pepin, chercheur à l’IRIS.

« Des options autres que la diminution actuelle des
services ou la privatisation doivent être envisagées. Nos collègues du
Centre canadien de politiques alternatives ont mis de l’avant une idée
de service bancaire postal qui ne manque pas d’intérêt, bien qu’elle
présente des défis de mise en place au Québec. Postes Canada pourrait
envisager l’augmentation de ses revenus plutôt que tenter de réduire ses
dépenses, par exemple en exploitant mieux la hausse du nombre d’envois
de colis ou en trouvant de nouvelles utilisations pour son service
quotidien de livraison à domicile.»
conclut Simon Tremblay-Pepin.

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) a participé au financement de cette note socio-économique. Faut-il privatiser Postes Canada? est disponible gratuitement sur : www.iris-recherche.qc.ca.

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