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Communiqué


MONTRÉAL, le 24 févr. 2014 – L’Office de consultation
publique de Montréal rend public aujourd’hui le rapport de la
consultation sur le projet de Plan de développement de Montréal (PDM).



Rappelons que le PDM présente les grandes propositions mises de l’avant
par la Ville de Montréal pour assurer le développement et la qualité de
vie des Montréalais pour les deux prochaines décennies. L’exercice de
consultation a permis de recueillir l’opinion d’un large public de
Montréalais. En effet, les séances d’informations et événements
thématiques ont attiré près de 1 400 personnes, un questionnaire en
ligne a été rempli par 1 201 citoyens et 95 opinions ont été émises
verbalement ou par écrit lors de neuf séances d’audition.



Au terme de l’analyse de toute l’information, la commission considère
que la Ville ne pourra pas échapper aux trois défis suivants :



  • adapter la ville aux changements climatiques;

  • relever le défi démographique;

  • prendre place dans le nouvel environnement économique.


En réponse à ces trois défis et aux différentes problématiques
soulevées, la commission propose 5 cibles à atteindre : une ville
compacte et efficiente; une ville inclusive et solidaire; une ville de
culture et de savoir; une ville verte; et une ville prospère.



Adapter la ville aux changements climatiques

La température a déjà augmenté à Montréal de 1.5 ⁰C en moyenne et on
s’attend à un réchauffement additionnel d’un degré en été et en hiver
dans un avenir prévisible. Ces changements sont à l’origine de
problèmes sérieux, notamment de santé publique, de sécurité des biens
et des personnes, et de pollution : augmentation enregistrée de 20 % à
30 % du taux de décès dans certains îlots montréalais lors des derniers
épisodes de chaleur extrême, pollution de l’eau, inondations et
pollution de l’air en période de smog.



Pour faire face à ce défi, des mesures doivent être prises sur plusieurs
fronts. Une des plus importantes concerne la priorité à accorder au
transport en commun, à sa promotion, à l’amélioration de son
efficacité, de sa fiabilité, de son accessibilité et de son
abordabilité.



Soulignons que l’amélioration du transport en commun a été identifiée
par un grand nombre d’intervenants, comme la priorité pour l’avenir de Montréal et le meilleur investissement de
l’argent des taxes des contribuables.



Au chapitre des transports, les mesures jugées les plus importantes



  • accélérer la réalisation des quatre projets prioritaires de transport
    collectif proposés dans le projet de PDM : 240 kilomètres de voie
    réservée pour autobus, le service rapide par bus sur le boulevard
    Pie-IX, le projet de train de l’Est et le prolongement de la ligne
    bleue du métro, en les séquençant selon trois principes : combler le
    déficit d’entretien, achever les travaux amorcés et, ensuite,
    développer de nouveaux projets;

  • ajuster l’offre en transport collectif et actif aux besoins des
    quartiers montréalais et pas seulement à ceux des pôles économiques
    proposés par la Ville;

  • faire de la sécurité et du confort du piéton le principe de base de
    l’approche montréalaise de gestion des déplacements;

  • favoriser la connectivité entre les moyens de transport actif et
    collectif;


Au chapitre de l’aménagement urbain

L’aménagement même de la ville doit être pensé en fonction de la
création d’une ville compacte efficiente, de quartiers montréalais qui deviennent des milieux
de vie complets par opposition à des quartiers-dortoirs. Ces quartiers complets, bien desservis par les transports en commun, seraient faits, dans des
proportions variables, de zones d’emploi, de secteurs résidentiels et
commerciaux, de zones scolaires, de zones de détente et de rencontre.
En fait, des noyaux de communautés auxquels se sentir fiers
d’appartenir. Cette approche du quartier complet constitue un coup de barre en faveur du maintien des zones d’emploi dans les
quartiers et limite la construction résidentielle à leur détriment.



D’autres mesures sont recommandées :



  • le développement d’un modèle montréalais de densité à visage humain,
    modulé selon les sites et les quartiers, qui miserait surtout sur les
    plex et sur les hauteurs après justification;

  • l’aménagement du domaine public et son utilisation comme levier de
    développement tel que proposé dans le PDM.


Au chapitre du verdissement et des infrastructures vertes

Les grands parcs, les écoterritoires et les milieux naturels sont
reconnus à titre d’habitat pour la biodiversité. Ils sont aussi
reconnus comme des infrastructures de régulation du climat et de contrôle des inondations, au même titre
que les infrastructures de gestion de l’eau. Les bienfaits du verdissement en milieu urbain sont aussi constatés,
notamment pour contrer les effets des îlots de chaleur, prolonger la
durée de vie des matériaux, filtrer les polluants atmosphériques et
favoriser le bon voisinage. La présence dans la ville d’une nature
grandiose et, au premier chef, du mont Royal, ainsi que la protection
de ses paysages, sont plus que souhaitables, tout comme la protection
et la mise en valeur des parcs et des espaces verts en rives.



Parmi les mesures prioritaires à mettre en place figurent :



  • la protection de l’intégrité de la montagne;

  • la mise en valeur et l’accessibilité publique aux rives des plans d’eau;

  • l’augmentation du nombre de milieux naturels protégés, de grands parcs
    et d’écoterritoires, ainsi que des espaces verts urbains;

  • une abondante plantation d’arbres sur les domaines privés résidentiel,
    commercial, industriel et institutionnel, en utilisant la voie
    règlementaire le cas échéant;

  • l’identification de cibles ambitieuses en matière d’espaces urbains à
    végétaliser, de corridors verts et d’espaces réservés à l’agriculture
    urbaine.


Relever le défi démographique

La population de Montréal, à l’instar de celle des autres grandes villes
canadiennes, est en pleine mutation. Le nombre des personnes de 65 ans
et plus s’accroit. Elles sont souvent seules en ménage et souhaitent
rester autonomes le plus longtemps possible. Alors que les étudiants
forment un pourcentage élevé de la population montréalaise, des
milliers de jeunes familles avec enfants quittent Montréal chaque année
à cause du coût trop élevé des logements et d’une offre résidentielle
qui ne convient pas encore à leurs besoins. Enfin, les nouveaux
immigrants rencontrent souvent des obstacles sur la voie de
l’intégration.



Quoique représentant 50 % de la population de la CMM, Montréal ne
recueillera que le tiers de la croissance démographique de la région
dans les prochaines années. Or, il est important pour le développement
de toute la région et du Québec tout entier, de conserver une forte
concentration de population et d’emplois au centre, sur l’île de
Montréal.



L’habitation. Les mesures prioritaires pour relever ce défi sont celles qui ont trait
à l’habitation. Les programmes d’accès à la propriété et d’accès à un
logement adéquat et abordable pour tous mis en place par la Ville ne
suffisent pas à protéger la mixité de la population montréalaise. Le
risque de voir augmenter la pauvreté et s’effriter la classe moyenne
dans le paysage montréalais est réel. L’exode des jeunes familles avec
enfants est identifié comme l’un des enjeux les plus importants des
prochaines années. Il y a urgence d’agir.



Plusieurs actions sont recommandées et notamment :



  • revoir en profondeur les programmes municipaux d’accès au logement, en
    particulier pour les jeunes familles;

  • en collaboration avec les gouvernements québécois et canadien, enrichir
    et diversifier les formules d’accès à la propriété, les programmes de
    rénovation ou de construction;

  • accroître l’offre de logements abordables et créer des réserves
    foncières au besoin pour y arriver;

  • rendre obligatoire l’inclusion de logements sociaux et communautaires et
    abaisser le seuil d’application de la Stratégie d’inclusion de
    logements abordables.


En plus des initiatives concernant l’habitation, des mesures allant dans
le sens d’une plus grande solidarité sociale et de l’intégration des
immigrants sont aussi mises de l’avant par la commission.



Pendre place dans le nouvel environnement économique

En opposition à la proposition du projet de PDM de s’en tenir aux seuls
défis économiques sur lesquels la Ville a une prise directe, la
consultation a démontré, au contraire, la volonté explicite de voir la
Ville jouer un rôle aussi dans la mise en valeur du savoir et de la
créativité, le développement de l’entrepreneuriat, la rétention des
talents et la création d’emplois.



La ville peine actuellement à croître à un rythme soutenu. D’ailleurs,
il est à craindre que, selon la cadence actuelle, Montréal affichera
une croissance nulle en emploi, la plus faible de la CMM. La Ville n’a
ni les pouvoirs ni les moyens d’agir seule, mais son leadership
politique et administratif est essentiel dans une stratégie de création
d’emplois.



Des mesures fortes sont donc à prendre pour notamment :



  • affirmer le rôle des universités et des centres de recherche en tant que
    partenaires dans le développement de la métropole, et contribuer à
    maximiser les retombées de leurs activités; retenir les talents;

  • miser sur les industries culturelles et créatrices ainsi que sur les
    grappes industrielles existantes;

  • maintenir et développer des zones d’emplois dans les quartiers;

  • renforcer le centre-ville, comme un atout à l’échelle de la région et de
    tout le Québec;

  • créer un chantier sur la mutation de l’offre commerciale montréalaise
    particulièrement au centre-ville;

  • consolider la ville comme plaque tournante multimodale du transport des
    marchandises;

  • faire de la réfection des infrastructures publiques un levier de
    croissance.


Le cadre financier

Enfin, la commission enjoint la Ville à entreprendre le plus rapidement
possible des négociations avec les gouvernements supérieurs afin de
diversifier et d’augmenter ses sources de revenus; ceci afin de combler
les besoins financiers pressants dans certains domaines-clés, notamment
le transport en commun, la réfection des infrastructures et
l’habitation.



Beaucoup d’autres questions, tout aussi importantes, ont été soulevées
dans le cadre de la consultation, assorties de recommandations qui
tentent de répondre aux trois défis identifiés et aux cinq cibles à
atteindre. On pense, notamment, à l’importance de la production
culturelle et de l’accès à la culture dans la vie montréalaise, au
devoir de solidarité dans la ville. Ces thématiques devront teinter
toutes les orientations que la Ville prendra pour assurer son
développement dans les prochaines années.



Dans tous les cas, la commission conclut que Montréal doit capitaliser
sur ses forces, qui sont nombreuses, notamment quant à la créativité et
l’innovation. Ces forces se reflètent dans la position avantageuse
occupée sur certains palmarès internationaux soit au 16e rang des centres financiers les plus compétitifs de la planète, au 22e rang des villes les plus compétitives au monde au plan économique, au
premier rang des villes universitaires au Canada, dans le Top 10 des
villes les plus branchées pour ne nommer que ceux-là.



Toute l’information disponible sur ce programme peut se trouver aux
bureaux de l’Office au 1550, rue Metcalfe, bureau 1414 et à la
Direction du greffe à l’Hôtel de Ville au 275, rue Notre-Dame Est.
Cette documentation est aussi disponible sur le site Internet de
l’Office au www.ocpm.qc.ca. 

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