Le vendredi 21 février 2014
Budget Marceau et la santé: compressions et désassurance
MONTRÉAL, le 20 févr. 2014 – La Coalition solidarité santé
dénonce la poursuite des compressions budgétaires en santé telle
qu’annoncée dans le budget Marceau. L’augmentation budgétaire prévue à
3 % est inférieure à celle de l’an dernier qui s’était pourtant
traduite par des compressions difficiles à absorber par le réseau de la
santé.
D’une moyenne annuelle de 5,6 % de 2006 à 2010, l’augmentation de budget
a été réduite l’an dernier à 4,8 %. L’AQESSS a dénoncé cette semaine
cette diminution parlant d’une compression de 627M$ sur quatre ans.
Elle réclamait pour cette année une augmentation de 834M$, soit 4,4 %
pour le maintien des services actuels. Or, le ministre ne prévoit que
3 % d’augmentation pour l’année qui vient. « Cette diminution pourrait
équivaloir à quatre années de compressions en une! », s’exclame Jacques
Benoit, coordonnateur de la Coalition. « C’est clair que les services
vont être touchés! », s’empresse-t-il d’ajouter.
Du même souffle, le ministre annonce qu’il va instaurer le financement
par activité (FPA), qu’il nomme financement axé sur le patient. Ce type de financement, où on établit un coût pour chaque acte posé,
ne fait qu’augmenter les coûts administratifs et la bureaucratie qui
doit contrôler la saisie et la gestion des données, tout en n’apportant
aucune nouvelle ressource dans les services.
La Coalition rappelle que la British Medical Association (BMA) a pris
une position formelle contre ce mode de financement à cause des effets
pervers expérimentés dans la pratique. Le FPA encourage le
« sur-traitement » de certaines populations à faible risque au
détriment des patients à risque plus élevé, moins prévisibles, qui sont
sous-traités. La BMA a même écrit une lettre officielle à l’Association
médicale canadienne, il y a quelques années, pour mettre en garde
contre le FPA.
Dans son rapport, le Groupe d’experts mandaté par le gouvernement
effleure très brièvement les risques de ce mode de financement, risques
qui se sont avérés ailleurs, mais conclut rapidement qu’on peut les
gérer… en augmentant l’administration et les contrôles!
« Un prix pour chaque geste posé, ça ne sert qu’à établir un marché pour
les services hospitaliers, un marché interne et éventuellement une
concurrence avec le secteur privé. Compressions, bureaucratisation et
marchandisation, le budget du ministre met la table pour la
désassurance et la tarification des services sociaux et de santé»,
conclut Jacques Benoit.
À propos de la Coalition solidarité santé.
La Coalition solidarité santé regroupe une quarantaine d’organisations
syndicales, communautaires, féministes et religieuses. Depuis sa
fondation en 1991, ses actions ont toujours été motivées par la défense
du droit à la santé pour l’ensemble de la population québécoise, et ce,
sans égard au statut ou au revenu des citoyennes et des citoyens. Elle
défend le caractère public, la gratuité, l’accessibilité,
l’universalité et l’intégralité des services de santé et des services
sociaux.
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