Le vendredi 21 février 2014
Budget 2014 : prospérité hypothétique et croissance assurée des tarifs pour les contribuables
MONTRÉAL, le 20 févr. 2014 – Trop optimiste face au futur,
le gouvernement du Québec compte sur une hausse peu probable de
l’investissement des entreprises pour atteindre ses cibles budgétaires
et fait porter le poids de ses mesures d’austérité aux contribuables
par des mesures régressives. Selon l’Institut de recherche et
d’informations socio-économiques (IRIS), le gouvernement ne donne pas
les moyens aux ménages d’augmenter leurs dépenses et favorise
l’investissement dans les pétrolières plutôt que la protection de
l’environnement.
« Depuis des années le gouvernement est très optimiste quant à ses
prévisions de croissance, souvent à tort. Ce budget ne fait pas
exception, le gouvernement s’attend à ce que la croissance de
l’investissement des entreprises soit le moteur de la croissance,
passant de 0,7% cette année à 3,2% l’an prochain, et envisage une
croissance de ses revenus de 4,2% l’an prochain. Or, depuis des années
l’investissement des entreprises stagne, malgré la pléthore de fonds
d’investissement mis en place et les réductions d’impôts tant à Québec
qu’à Ottawa. Difficile de ne pas voir là un enthousiasme typiquement
pré-électoral », souligne Simon Tremblay-Pepin, chercheur à l’IRIS.
Pour stabiliser son budget, le gouvernement fait à nouveau le pari de la
stagnation des dépenses publiques et de la hausse des tarifs en
augmentant les frais de service de garde.
« La hausse de la contribution des parents aux services de garde est,
bien entendu, une mesure régressive, elle représente une augmentation
des coûts de 28% pour les parents. Pour les gens qui envoient leur
enfant à la garderie pendant toute l’année, ça signifie à terme un
montant annuel de 520$ par année. Ce montant peut être considérable,
surtout pour des familles ayant plusieurs enfants. Cela aura
immanquablement pour effet de diminuer les autres dépenses des ménages
dans l’économie et de participer à prendre à la gorge des ménages déjà
surendettés. Par contre, au total cette hausse représente un très petit
montant pour les finances publiques, soit à peine 4% des coûts totaux
du programme en 2016 », constate Julia Posca, chercheure à l’IRIS.
« Du côté du développement des ressources naturelles et de
l’environnement le gouvernement a clairement fait son choix. Il annonce
des investissement de 250 M$ dans les hydrocarbures et de 100 M$ dans
les mines. À l’opposé, à peine 5 M$ sur 3 ans sont investis dans la
protection de l’environnement. Considérant qu’on contrôle les dépenses
du ministère de l’environnement depuis maintenant plusieurs années, il
est difficile de voir comment celui-ci pourra réagir adéquatement à une
série de nouveaux projets », s’inquiète Simon Tremblay-Pepin.
Du même auteur
Dans le cadre de l’Année mondiale de l’astronomie
Communiqué
24 mars 2009
Budget 2014 : prospérité hypothétique et croissance assurée des tarifs pour les contribuables
Pour être davantage sensibilisé à la saine alimentation
Communiqué
31 mars 2009
Budget 2014 : prospérité hypothétique et croissance assurée des tarifs pour les contribuables
4 québécois sur 5 croient qu’une personne atteinte de schizophrénie ne peut pas vivre au sein de la communauté
Communiqué
1 avril 2009
Budget 2014 : prospérité hypothétique et croissance assurée des tarifs pour les contribuables