Le mercredi 11 décembre 2013
Des chercheurs canadiens font une percée importante chez un cancer mortel de l’enfant
MONTRÉAL, le 11 déc. 2013 – Une nouvelle étude menée par
des chercheurs canadiens pourrait ouvrir la voie à des traitements plus
efficaces d’une forme agressive et mortelle de tumeur cérébrale. Cette
tumeur, connue sur le nom tumeur embryonnaire avec rosettes
pluristratifiées (ETMR), apparait uniquement chez les enfants de moins
de quatre ans, et est presque toujours mortelle malgré un traitement
agressif. L’étude propose un nouveau modèle de développement de cette
tumeur embryonnaire et suggère de nouvelles pistes pour développer de
nouveaux traitements. Ces résultats qui ont été publiés récemment dans
la revue Nature Genetics, jettent un nouvel éclairage sur le processus complexe en jeu aux
premiers stades de développement du cerveau. Cette étude a été menée
par l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill
(IR-CUSM), l’Université McGill et l’Hôpital pour enfants malades de
Toronto (SickKids) et subventionnée par la Société de recherche sur le
cancer.
« Notre but était de connaître ce qui était à l’origine de la croissance
de ces tumeurs et de voir comment il était possible de les traiter le
plus efficacement possible », explique la cochercheuse principale, Dre
Nada Jabado, hémato-oncologue à l’Hôpital de Montréal pour enfants du
CUSM et professeure agrégée au Département de pédiatrie de l’Université
McGill. « Il s’agit d’une maladie extrêmement agressive dont le
pronostic est peu favorable; il est urgent de trouver des traitements
plus efficaces pour ces enfants, et cette étude, parce qu’elle nous
permet de mieux comprendre comment se développe la tumeur, nous permet
de nous rapprocher de notre cible. »
« Notre récente collaboration avec les laboratoires des Drs Jabado et
Jacek Majewski, et avec d’autres collègues, a permis de poursuivre les
travaux sur notre découverte initiale et nous rapproche de la mise au
point de traitements innovateurs de cette tumeur cérébrale infantile
importante mais encore trop peu reconnue », souligne la cochercheuse
principale, Dre Annie Huang, spécialiste des tumeurs cérébrales à
SickKids, et scientifique principale en biologie cellulaire à
l’Institut de recherche de SickKids, ainsi que professeure agrégée de
pédiatrie à l’Université de Toronto. En 2009, son équipe avait été à
l’origine de la découverte initiale de plusieurs formes mortelles de
tumeurs cérébrales chez les jeunes enfants, notamment ETMR, caractérisé
par un marqueur génétique unifiant. »
Dans le cadre de l’étude, l’équipe de recherche a produit des profils
« génomiques » de la tumeur et a regroupé et analysé des données
provenant de cinq vastes banques de données publiques. Cette analyse
semble montrer que, chez les patients présentant une tumeur
embryonnaire avec rosettes pluristratifiées, le parcours
développemental, c’est-à-dire le processus qui préside aux premiers
stades de la formation d’un organe chez l’embryon est d’une façon ou
d’une autre « détourné ». Dès lors, les patients produisent, à un stade
beaucoup plus avancé du développement et en quantité beaucoup plus
grande que la normale, une forme particulière d’enzyme connue sous le
nom DNMT3B.
« Les approches en génomique nous permettent, comme jamais auparavant,
de mieux comprendre le cancer », explique le cochercheur principal, Dr
Jacek Majewski, professeur agrégé au Département de génétique humaine
de l’Université McGill et chercheur au Centre d’innovation Génome
Québec et Université McGill. « Auparavant, les chercheurs devaient
analyser chaque gène et chaque protéine et tenter de découvrir les
anomalies qui affectaient la tumeur. Aujourd’hui, nous pouvons
rapidement dégager une représentation globale du génome et, par analyse
computationnelle, déterminer quels sont les gènes déficients et cela,
avec une connaissance préalable minimale de la biologie de la maladie.
Dans le cas de ETMR, nous avons pu, en quelques mois à peine, trouver
une cible de traitement qui semble fort prometteuse, l’enzyme DNMT3B. »
Les anomalies dans la production de l’enzyme DNMT3B avaient déjà été
associées à divers problèmes cognitifs. Certaines formes de cette
enzyme sont présentes dans certains types de leucémie et de cancer du
sein et sont associées à un pronostic peu favorable. L’équipe de
recherche a constaté que, chez les patients ayant une ETMR, l’enzyme
était présente en très grande quantité, et cela, à un stade du
développement où elle devrait être totalement absente. D’un point de
vue clinique, les résultats de cette étude semblent indiquer que
l’enzyme DNMT3B pourrait être une cible appropriée d’éventuelles
thérapies destinées à combattre la tumeur embryonnaire avec rosettes
pluristratifiées.
« Nous voulons maintenant vérifier s’il est possible de contrôler la
production de cette enzyme dans cette tumeur et, ce faisant, d’en
arrêter la croissance », dit Dre Jabado, qui est également chercheuse
en génétique médicale et génomique à l’IR-CUSM.
« Voilà qui démontre bien comment la recherche peut donner des résultats
remarquables et mener à des percées significatives, et nous sommes
fiers d’avoir contribué à cette étude qui, nous l’espérons, contribuera
à sauver la vie d’enfants. Nous souhaitons également que d’autres
études du même genre nous permettront de poursuivre le travail »,
mentionne Andy Chabot, président et chef de la direction de la Société
de recherche sur le cancer.
Les découvertes issues de cette étude vont venir enrichir le registre
mondial sur les tumeurs ainsi que la banque de tumeur embryonnaire
avec rosettes pluristratifiées (ETMR) qui a été établie par la Dre
Huang, qui a actuellement en banque environ 100 cas de ce type rare de
tumeurs. Bien que d’autres recherches soient nécessaires, la
perspective de mettre au point un traitement efficace est de plus en
plus réelle à mesure que les scientifiques en apprennent plus sur ETMR.
Ces résultats montrent bien l’importance d’étudier les tumeurs
cérébrales rares chez les enfants afin de nous donner une connaissance
inestimable des mécanismes moléculaires en jeu et encore insoupçonnés
des mécanismes moléculaires durant le développement du cerveau.
À propos de l’étude:
Ces travaux de recherche ont été principalement subventionnés par la
Société de recherche sur le cancer. Retrouvez le communiqué de presse
et l’article scientifique en cliquant sur le lien suivant : http://cusm.ca/newsroom/nouvelles/avanc%C3%A9e-dans-traitement-d%E2%80%99-cancer-infantile-mortel
Claudia L. Kleinman (Centre d’innovation Génome Québec et Université
McGill, Montréal, et Département de génétique humaine, Université
McGill) et Noha Gerges (Département de génétique humaine, Université
McGill, Montréal) sont les premiers auteurs de l’étude.
Annie Huang (Arthur and Sonia Labatt Brain Tumour Research Centre, Cell Biology
Program, Institut de recherche de l’hopital SickKids, Garron Family Cancer
Center et département de pédiatrie, université de Toronto, Toronto) ;
Nada Jabado (Département de génétique humaine, Université McGill et
Département de pédiatrie, hémato-oncologie pédiatrique, Hôpital de
Montréal pour enfants du CUSM, et Institut de recherche du Centre
universitaire de santé McGill, Montréal) ; Jacek Majewski (Centre
d’innovation Génome Québec et Université McGill, Montréal, et
Département de génétique humaine, Université McGill) sont les
cochercheurs principaux et les coauteurs principaux.
Liens connexes :
Institut de recherche du CUSM : www.muhc.ca/research
L’Hôpital de Montréal pour enfants : www.hopitalpourenfants.com
Université McGill : www.mcgill.ca
Centre d’innovation Génome Québec et Université McGill : www.gqinnovationcenter.com
Hôpital pour enfants malades (SickKids) : www.sickkids.ca
Laboratoire du Dre Huang, Institut de recherche, SickKids :
www.sickkids.ca/Research/Huang-lab/index.html
Arthur and Sonia Labatt Brain Tumour Research Centre:
www.sickkids.ca/Research/BTRC/index.html
Garron Family Cancer Centre: www.sickkids.ca/Centres/garron-family-cancer-centre
Faculté de médecine de l’université de Toronto: www.medicine.utoronto.ca
Société de recherche sur le cancer : www.societederecherchesurlecancer.ca

Renseignements :
Julie Robert
Affaires publiques et planification stratégique
Centre universitaire de santé McGill
514 934-1934 poste, 71381
julie.robert@muhc.mcgill.ca
Suzanne Gold
Relations médias
L’Hôpital des enfants malades (Sick Kids)
416-813-7654, poste 202059
suzanne.gold@sickkids.ca
Stéfanie Roche
Directrice, communications et marketing
Société de recherche sur le cancer
514 861-9227, poste 283
sroche@src-crs.ca
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