Le mercredi 22 mai 2013
Lettre d’opinion de l’Association québécoise des CPE – La hausse préélectorale des subventions remplit les poches des entrepreneurs de garderies commerciales
MONTRÉAL, le 21 mai 2013 – Depuis plusieurs semaines, le
lobby des entrepreneurs commerciaux en service de garde mène une
bataille publique pour la protection de leurs profits annuels – déjà
estimés à 54 millions par le ministère de la Famille -, mais auxquels
s’ajoutent plus de 24 millions par année, suite à la hausse toute
récente des subventions de fonctionnement offerte par l’ancien
gouvernement avant de quitter le pouvoir. Or le gouvernement Marois
exige des garderies commerciales subventionnées l’équivalent de 15 des
24 millions de ce cadeau de fin de mandat.
Les garderies commerciales subventionnées se battent pour protéger leurs
profits
Les garderies commerciales peuvent choisir de mener une bataille pour
protéger leurs profits subventionnés, mais cette bataille ne doit pas
se faire sous le couvert de la protection de la qualité des services
aux enfants. Sur ce front et avant même d’avoir fait l’objet des
récentes annonces de compressions, les données du ministère de la
Famille établissent qu’avec près de 23% des places subventionnées
disponibles, les garderies commerciales cumulent plus de 66% des
plaintes des parents. De plus, dans son portrait alarmiste décrivant
les garderies commerciales subventionnées comme un secteur économique à
la dérive, leurs représentants oublient de rappeler à la population que
selon le ministère de la Famille, leurs surplus annuels sont 55%
supérieurs et leurs déficits annuels 17% inférieurs à ceux des CPE.
Notons que les garderies commerciales subventionnées ont généré un
profit moyen de 11% en 2011 alors que la Caisse de dépôt peinait à
offrir une croissance de 4% cette même année. Comme secteur économique
à la dérive, on a déjà vu pire!
Rappelons que dans tous les secteurs du monde commercial, les
entrepreneurs sont soit récompensés par le profit, soit exclus du
marché par la faillite. Mais dans le commerce des services de garde
subventionnés, les entrepreneurs peuvent générer des profits
d’opération avec peu d’investissement, sans risque et avec une
clientèle garantie. Ces activités commerciales se valorisent avec le
temps et peuvent, comme dans n’importe quel secteur commercial être
vendues au plus offrant. D’autre part, ces activités très lucratives
permettent également de donner de la plus value à un ou des immeubles
qui se revendent par la suite à grand prix. Il est scandaleux que des
entrepreneurs qui font fortune depuis plusieurs années sur le dos des
contribuables refusent d’assumer leurs responsabilités face au déficit.
Annuellement, l’équivalent des salaires de plus de 800 professionnelles
en petite enfance se retrouve dans les poches des entrepreneurs
Est-il utile de rappeler qu’en 2006, sous le gouvernement libéral, le
réseau des CPE et BC du Québec a d’abord contribué à cette lutte au
déficit par des coupures de plus de 50 millions de dollars. Ces
coupures se sont traduites par l’élimination de plus de 800 postes de
professionnelles en petite enfance. Or, le trésor public continue de
perdre l’équivalent de 800 postes de professionnelles, année après
année, et ce sans que personne ne s’en formalise. En effet, le profit
annuel de 54 millions allant dans les poches des propriétaires des
garderies commerciales subventionnées représente l’équivalent d’une
perte annuelle de plus de 800 professionnelles de la petite enfance.
Imaginez l’effet qu’aurait l’ajout annuel de ces 800 professionnelles
de la petite enfance sur les listes d’attentes actuelles! Au lieu de
cet investissement, le Québec enrichit un petit nombre d’entrepreneurs
au détriment de la collectivité.
Donner une chance à la négociation et au compromis avant d’interrompre
le service aux parents
Dans l’état actuel des choses, il semble que les représentants des
garderies commerciales subventionnées en soient déjà arrivés à la
conclusion que la négociation de bonne foi ne permettra pas la
protection complète de leurs profits annuels de 54 millions. Pourtant,
s’ils retournaient à la table de négociation en priorisant réellement
le service aux enfants et aux familles, ils seraient certainement en
mesure d’agir comme l’Association québécoise des centres de la petite
enfance (AQCPE) afin de réduire et moduler la contribution exigée
initialement par le gouvernement. Alors que les CPE et BC ont négocié
un compromis qui leur coûtera finalement 31,1 millions de dollars sur
les coupures de 56 millions initialement annoncées dans les services de
garde, il est troublant que des entrepreneurs se cachent sous les
vertus de la qualité des services pour protéger leurs profits et
refuser de négocier une part de 15 millions du 24,9 millions restant. À
moins que la valeur du service aux enfants et aux familles ne prennent
soudainement le dessus sur leur obstination à protéger leurs profits,
il semble inévitable que les familles des 41 614 enfants en garderies
commerciales devront se trouver un service alternatif cette semaine.
Louis Senécal
Directeur général AQCPE
Renseignements :
Geneviève Blanchard
Conseillère principale
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Téléc. : 514 326-3322
Courriel : genevieve.blanchard@aqcpe.com
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